Société

Face aux « préjugés anti-africains », le patron de la FIFA défend Pretoria

Sepp Blatter, le Président de la Fédération internationale de football (Fifa) a pris part à la polémique sur la décision d’attribuer l’organisation de la Coupe du monde à l’Afrique du Sud. Il estime que les critiques virulentes venant de dirigeants du football européen relèvent de « préjugés anti-africains ».

Mis à jour le 12 février 2010 à 15:10

Est-ce à cause de l’attaque du bus de la sélection togolaise, le 8 janvier dernier, dans la région de Cabinda à la veille de la CAN 2010 ? Ou en raison d’un simple scepticisme sur la capacité d’une nation africaine à organiser l’évènement le plus médiatique du monde ?

Une chose est sûre: le choix de l’Afrique du Sud pour organiser la Coupe du monde de football 2010 a subi ces derniers jours une salve de critiques acerbes de la part de plusieurs dirigeants du football européen.

« Je n’ai jamais été fan d’une Coupe du Monde sur le continent »

Phil Brown, le manager du club anglais de Hull (avec qui le Gabonais Daniel Cousin est sous contrat) s’était ainsi inquiété de la sécurité des joueurs lors de la compétition.

« Je suis révolté », avait-il déclaré après l’attentat du Cabinda. L’attaque « pose une interrogation à propos du Mondial de cet été ».  « On ne peut pas faire courir le moindre risque aux officiels et aux supporters. C’est inacceptable », s’était-il inquiété, sans se soucier des éventuels amalgames que ses propos pouvaient susciter.

Mercredi 27 janvier, c’était au tour du président du conseil de surveillance du Bayern de Munich, Uli Hoeness, de se prononcer contre l’organisation d’une Coupe du monde sur le continent. « Je n’irai pas, je n’ai jamais été fan d’une Coupe du monde en Afrique du Sud ou sur le continent africain, car les questions de sécurité ne sont pas résolues à 100% », avait-il déclaré.

Incident diplomatique

Hoeness avait estimé que le choix de la « nation arc-en-ciel » était « l’une des plus grosses erreurs » commises par Sepp Blatter. Des propos qui avaient manqué de provoquer un incident diplomatique, en suscitant la réaction outrée de l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Berlin. « Je suis vraiment choqué par votre attitude négative à l’égard du rôle d’hôte de l’Afrique du Sud dans le cadre de la Coupe du monde et à l’égard du continent africain dans son ensemble », avait-t-il écrit dans une lettre adressée à Hoeness.

Le président de la Fifa, Sepp Blatter, directement mis en cause par ces critiques, est finalement sorti de son silence. « Ce sont des préjugés anti-africain », a-t-il réagit devant l’agence de presse allemande DPA.

« C’est une absurdité de mélanger ce qui s’est passé en Angola, une attaque terroriste avec des motivations politiques, et la Coupe du monde en Afrique du Sud », s’est-il indigné.

Un manque de respect pour toute l’Afrique

Faisant directement référence aux propos de Hoeness, Blatter a poursuivi : « Onze millions de touristes vont en Afrique du Sud chaque année. La semaine dernière, il y a eu un tournoi de l’ATP (tennis) à Johannesburg et personne n’est mort. »

« Sur le Vieux continent, il y a toujours des gens qui pensent : "Mais pourquoi diable devrait-on organiser une Coupe du monde en Afrique ?" ».

« Au cours du siècle dernier, les colonialistes sont allés en Afrique et y ont pris ce qu’il y avait de meilleur, et maintenant ils prennent les meilleurs footballeurs. Et quand vous devez renvoyer l’ascenseur ils ne veulent pas y aller. C’est un manque de respect pour toute l’Afrique ! ».