Défense

Essais nucléaires français : les soldats volontairement exposés

| Par Jeune Afrique
Essais nucléaires français, dans les années 60 près de Reggane dans le sud algérien

Essais nucléaires français, dans les années 60 près de Reggane dans le sud algérien © AFP

Les essais nucléaires de la France dans le désert algérien dans les années soixante ont eu les retombées psychologiques -et physiques- que tout le monde sait. Ce que l’on sait moins, et que révèle Le Parisien, c’est que ces expérimentations étaient menées « délibérément » dans le but de tester la résistance des soldats français.

Des soldats ont été exposés délibérément aux essais nucléaires menés par la France dans les années 1960 en Algérie pour "étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique". c’est ce que révèle un rapport classé secret défense et révélé par le quotidien français Le Parisien dans son édition du mardi 16 février. 

Ce "rapport confidentiel" intitulé "La Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara" aurait été rédigé "par un ou des militaires anonymes" et "daterait de 1998", après l’abandon définitif des essais, indique l’article du journal qui reproduit un extrait du texte original. Le passage reproduit concerne l’opération Gerboise Verte, du nom de code du dernier essai atmosphérique qui s’est déroulé le 25 avril 1961. Il s’agissait, en étudiant les retombées physiologiques et psychologiques sur l’homme, de préparer au mieux l’entraînement physique et moral "du combattant moderne".

Des milliers de vétérans

Interrogé à ce sujet, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, affirme n’avoir jamais eu connaissance d’un tel rapport. Il rappelle en revanche qu’une loi sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires a été adoptée le 22 décembre 2009. Selon lui, ses services ont été chargés d’"ouvrir les placards", afin que "chaque personne qui se pense victime des essais puisse avoir connaissance de ses relevés dosimétriques ou des éléments de dosimétrie d’ambiance".

 "Cela étant, les doses reçues lors de ces essais étaient très faibles", assure-t-il.

La France a procédé à 210 explosions depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu’à l’ultime expérimentation de 1996 en Polynésie française. Face à l’ampleur des retombées radioactives de ses premiers essais, mesurées jusqu’en Côte d’Ivoire et au Soudan, Paris avait vite abandonné ses essais aériens, remplacés par des tests souterrains.

A plusieurs reprises, des incidents avaient ensuite laissé s’échapper du gaz toxique des galeries creusées dans le désert algérien.

Des milliers de vétérans des essais nucléaires, persuadés d’avoir été contaminés par la radioactivité, se battent pour la reconnaissance de leur préjudice. (avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte