Politique

Manifestation de soutien à la junte à Niamey

Une dizaine de milliers de personnes étaient rassemblées pour soutenir la junte à Niamey samedi matin. La manifestation, organisée à l’initiative de l’opposition, salue le renversement de Mamadou Tandja. Ce dernier est retenu par l’armée mais « se porte très bien » d’après un porte-parole de la junte.

Mis à jour le 20 février 2010 à 12:35

Une manifestation d’environ 10 000 personnes était rassemblée devant le parlement, dans le centre-ville de la capitale nigérienne samedi matin pour soutenir le coup d’État à l’encontre de Mamadou Tandja.

"Vive l’armée nigérienne"

"C’est le renversement de la dictature Tandja que nous célébrons", a affirmé Soumana Sanda, un ancien député qui prenait part au rassemblement. Certains manifestants arboraient des messages tels que "Vive le CSDR" (Conseil suprême pour la restauration de la démocratie, junte), "Vive l’armée nigérienne" ou encore "Oui pour la restauration de la démocratie" sur leurs pancartes. Le rassemblement devait ensuite se diriger vers la place Toumo.

La foule s’est réunie à l’appel de la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR), coalition d’opposition qui avait déjà organisé des rassemblements pour réclamer le départ de Mamadou Tandja ces derniers mois. La CFDR avait savoir vendredi qu’elle "accueill[ait] avec soulagement la fin de la 6e république illégale et illégitime".

Des témoins ont fait état de manifestations de joie dans d’autres parties du pays dès vendredi soir. Ce serait notamment le cas à Dosso et Tahoua (ouest).

Après dix ans passés à la tête du pays, Mamadou Tandja avait dissous l’année dernière le Parlement et la Cour constitutionnelle, avant d’organiser un référendum très controversé lui permettant de rester au pouvoir au moins pendant trois ans à l’issue de son ultime mandat, qui devait s’achever en décembre 2009.

La communauté internationale entre soulagement et inquiétudes

Si la communauté internationale avait condamné à de nombreuses reprises le maintien au pouvoir de Mamadou Tandja à la suite du référendumdu du 4 août 2009, elle a aussi fait connaître sa désapprobation du coup d’État.

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon a condamné "le coup d’Etat survenu le 18 février au Niger. Il réitère qu’il désapprouve tout changement anticonstitutionnel de gouvernement et toute tentative pour rester au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles", selon un communiqué.

Ce dernier a toutefois "pris note" de déclaration du CSDR, "indiquant son intention de rétablir l’ordre constitutionnel au Niger". L’Union Africaine, l’Union européenne ou encore la France ont adopté des positions similaires, condamnant le coup d’État et appelant au rétablissement de l’ordre constitutionnel au plus vite. (avec AFP)