Politique

Agbéyomé Kodjo: « Il est temps que je rentre dans mes droits »

Par - Jean-Claude Abalo, à Lomé
Mis à jour le 3 mars 2010 à 07:31

Qui est vraiment Agbéyomé Messan Kodjo ? La trajectoire politique de ce fidèle de l’ancien président togolais Gnassigbé Eyadéma est tumultueuse. Né le 12 Octobre 1954 à Tokpli (Préfecture de Yoto) dans le Sud-Est du Togo, il a d’abord occupé les portefeuilles de la Jeunesse, des Sports et de la Culture (1988-1991), puis de l’Intérieur et de la Sécurité (1992-1993), avant de devenir directeur du Port autonome de Lomé, suite à la répression sanglante des manifestations de l’opposition en janvier 1993.
Six ans plus tard, il fait son grand retour en politique. Il est élu député du Rassemblement pour le peuple togolais (RPT, parti présidentiel) puis président de l’Assemblée nationale. Parvenu à la Primature entre 2000 et 2002, tout le monde voit alors en lui le dauphin naturel d’Eyadéma. Mais rien ne se passe comme prévu.
Faux pas ou erreur de timing ? Dans un document intitulé « Il est temps d’espérer », publié le 27 Juin 2002, il s’en prend vivement aux « habitudes de la maison », c’est-à-dire à la mauvaise gouvernance du RPT. Contraint à l’exil en France, il est accusé d’avoir détourné 10 milliards de FCFA du Port de Lomé et un mandat d’arrêt international est lancé contre lui. Agbéyomé reviendra de son plein gré au Togo le 8 Avril 2005, après la mort d’Eyadéma, et sera placé en détention pendant 60 jours à Kara, une ville située à 400 km de Lomé, avant d’être finalement acquitté.

« Libérer Kpatcha Gnassingbé »
Aujourd’hui, il convoite toujours avec autant de volonté la magistrature suprême dont il pense avoir été privé par les Eyadéma père et fils. « Il est temps que je rentre dans mes droits », lance-t-il avec présomption. Candidat malheureux en 2005 avec l’Alliance démocratique pour la patrie, ce passionné de football repart à la conquête du pouvoir avec son nouveau parti, l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (Obuts).
Pour lui, la priorité c’est la « réconciliation nationale ». Sa première mesure, s’il est élu président de la République ? « Libérer Kpatcha Gnassingbé [NDLR: le frère du président Faure Gnassingbé, accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat]. » Cet objectif est d’ailleurs partagé par le candidat de l’Union des forces de changement (UFC) et du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC), Jean-Pierre Fabre, auquel Agbéyomé s’était un moment rallié avant de réactiver sa candidature. Une attitude que ses détracteurs jugent comme étant favorable à Faure Gnassingbé, puisqu’elle éloigne la possibilité d’une candidature unique de l’opposition.

Retrouvez l’interview de Agbéyomé Messan Kodjo ici