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DSK cultive la réputation du FMI sur le continent

Dominique Strauss Kahn avec le ministre kényan des finances Uhuru Kenyatta, le 6 mars 2010 © Reuters

En tournée sur le continent, le directeur exécutif du Fond monétaire international, Dominique Strauss Kahn, a appelé ce lundi la communauté internationale à financer un "Fonds vert" pour financer la lutte contre le réchauffement climatique des pays en développement. Jusqu'au 12 mars, DSK livrera ses observations sur les politiques des gouvernements africains face à la crise, et tentera de redorer le blason d'une institution très décriée.

Il y a un an, le directeur exécutif du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss Kahn se rendait en Tanzanie : il s’agissait alors de trouver des solutions pour aider l’Afrique à relever le défi de la croissance à l’heure de la crise financière mondiale.

Du 6 au 12 mars 2010, DSK est de retour sur le continent pour une visite éclair qui le conduira successivement au Kenya, en Afrique du Sud et en Zambie. L’occasion pour lui de mesurer la réponse des gouvernements et l’efficacité des mesures préconisées par le FMI face aux lourds défis de 2009.

Forte chute de la croissance

Les chiffres ne sont pas bons : en 2009, la croissance dans les pays d’Afrique subsaharienne est tombée à environ 1,5% en moyenne (contre 6% auparavant), et pour la première fois en vingt ans, le revenu par tête a baissé, mettant en danger l’emploi et les efforts consentis pour combattre la pauvreté. Le constat est inquiétant, mais face aux représentants de la société civile kenyane (think tanks, Syndicats, ONG, etc.) qu’il a rencontrés dès son arrivée à Nairobi, le directeur du FMI s’est voulu positif.

Le message est clair : sans les politiques macroéconomiques mises en place avant la crise, la situation aurait été bien plus grave. « Les deux tiers des pays africains ont pu adopter des politiques fiscales contracycliques en 2009, et c’est tout à fait nouveau! », s’est exclamé DSK qui continue de considèrer l’Afrique comme une « victime innocente de la crise ». Selon lui, les dépenses en matière d’éducation, de santé ou d’infrastructures ont d’une manière générale pu être maintenues grâce à des environnements économiques plus sains. Bien entendu, il souligne aussi que le soutien du FMI a permis à l’Afrique de résister au choc. Grâce, notamment, à la vente d’une partie de son or, le Fonds a pu prêter 5 milliards de dollars au Continent – soit presque cinq fois plus qu’en 2008.

Au-delà, ce voyage en Afrique est aussi l’occasion pour DSK de redonner du lustre à une institution qui n’est pas toujours très bien vue, ni bien comprise. « Nous avons changé la manière de nous adresser à l’Afrique et d’agir avec elle »: ce n’est pas un  hasard s’il a fait ce commentaire à l’intention des représentants de la société civile, et ce avant même de rencontrer le Premier ministre kenyan Raila Odinga. Reconnaissant les « erreurs passées » du FMI (« Il y a une longue liste d’erreurs, mais il y a aussi une longue liste de réussites »), invoquant la fertilité du dialogue,  DSK n’a pas manqué de citer l’économiste John Maynard Keynes pour expliquer sa position. A savoir : recourir à l’efficacité du marché, tout en corrigeant ce qui peut l’être… Un peu professoral, il a martelé : « Nous ne décidons pas des politiques, ce sont les gouvernements qui décident. C’est vous, les gars, qui tenez votre futur entre les mains. »

100 milliards de dollars pour la lutte contre le réchauffement climatique

A Nairobi, où il faisait étape ce lundi, DSK a lancé un appel en direction de la communauté internationale pour financer un "Fonds vert" afin d’aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique. Il espère que celui-ci sera capable de lever 100 milliards de dollars (73 milliards d’euros) par an jusqu’en 2020.

Le choix du pays n’a pas été laissé au hasard pour cette annonce : le Kenya est durement touché tantôt par la sécheresse, tantôt par de trop fortes précipitations. Symboliquement, DSK a planté deux arbres avec Wangari Maathai et Raila Odinga à l’université de Nairobi.

Conscient que certains ne manqueront pas de l’accuser de sortir de son rôle, l’ancien ministre français de l’Economie a d’ores et déjà répondu à bien des critiques : « Le changement climatique va avoir de très lourdes conséquences micro et macroéconomiques. Le FMI ne peut pas dire comment régler ces problèmes, il peut en revanche dire comment il est possible d’y apporter une réponse financière ». 

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