Politique

Bozizé candidat à sa propre succession

Par
Mis à jour le 16 mars 2010 à 08:24

Alors que le doute plane toujours sur le report ou non du scrutin présidentiel, l’actuel chef de l’Etat centrafricain, François Bozizé, s’est porté officiellement candidat à sa propre succession.

Une chose est sûre : si élection présidentielle il y a, François Bozizé sera candidat en avril prochain. Le président sortant a confirmé, lundi 15 mars devant ses partisans réunis à Bangui, qu’il serait "encore une fois" le "porte-flambeau" du peuple centrafricain pour le scrutin présidentiel prévu le 25 avril. Néanmoins, il ne s’est pas clairement déclaré hostile à un report, réclamé par plusieurs partis politiques et ex-rébellions.

« Je vous ai compris »

Devant des milliers de militants de son parti, le Kwa na Kwa (KNK – "le travail, rien que le travail" en langue nationale sango) rassemblés au stade Barthélemy Boganda, le chef de l’Etat âgé de 63 ans a déclaré : "Aujourd’hui, les ouvrières et les ouvriers KNK me pressent de nouveau de les accompagner dans les élections prochaines car ils sont déjà en ordre de bataille". "Ouvrières, ouvriers KNK, je vous ai compris. J’accepte encore une fois d’être votre porte-flambeau, j’accepte encore une fois de porter vos aspirations, les aspirations du peuple centrafricain", a-t-il encore ajouté.

Selon un décret signé du président lui-même, l’élection présidentielle et les élections législatives auront lieu simultanément. La campagne électorale se déroulera du 12 au 23 avril, mais aucune ne date n’a été avancée pour un éventuel second tour. Devant ses soutiens, François Bozizé a évoqué les demandes de report du scrutin présidentiel, rappelant que la Commission électorale indépendante (CEI) pouvait statuer sur le sujet en concertation avec les représentants des diverses tendances qui la constituent. "La (CEI) est le seul maître d’œuvre des opérations électorales et pourra, avec les représentants de toutes les tendances qu’elle renferme, adopter un calendrier en toute indépendance", a-t-il dit.

Vide constitutionnel

Sans s’opposer clairement à un report, le président sortant a toutefois estimé qu’une telle décision "signifierait des lendemains incertains pour le peuple". "Un report (…) conduirait à un vide constitutionnel, à une vacance de pouvoir et à la mise en place d’un gouvernement de transition", a encore estimé François Bozizé.

Dans un communiqué, la CEI, chargée d’organiser et superviser les scrutins, a annoncé lundi le report du dépôt des dossiers de candidature pour les élections, qui était censé commencer le 12 mars. L’opposition des partis centristes et des ex-rébellions ont réclamé "le retrait du décret présidentiel" sur les scrutins, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour que l’élection ait lieu. La Centrafrique n’est pas complètement pacifiée et n’a pas procédé à un recensement électoral, avait-ils notamment expliqué début mars.

François Bozizé, général de formation, est arrivé au pouvoir après avoir renversé par un coup d’Etat le président Ange-Félix Patassé le 15 mars 2003. Il a été élu en mai 2005 au second tour de la présidentielle face à l’ex-Premier ministre Martin Ziguélé. Le pays tente de mener à son terme un processus de paix après avoir été confronté pendant des années à des rébellions, coups d’Etat et exactions de rebelles, de militaires et de "coupeurs de routes".