Politique

Charles Blé Goudé contre-attaque

Très en verve comme à son habitude, le leader des « patriotes » pro-Gbagbo répond aux déclarations des Forces nouvelles du Premier ministre Guillaume Soro, qui ne souhaitent plus lier désarmement et organisation des élections.

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Mis à jour le 23 mars 2010 à 16:01

Charles Blé Goudé acuse Guillaume Soro de jouer un double-jeu en vue du scrutin présidentiel. © AFP

Les "patriotes" ivoiriens soutenant le président Laurent Gbagbo reviennent sur le devant de la scène. Mais ils soufflent plus souvent le chaud que le froid. "Le désarmement et la réunification sont non-négociables. Le processus de paix en Côte d’Ivoire est en danger, il est en train d’être biaisé", a déclaré mardi 23 février leur chef, Charles Blé Goudé, au lendemain de la déclaration de l’ex-rébellion des Forces nouvelles(FN), dirigées par Guillaume Soro, qui ont refusé de lier le désarmement à la tenue du scrutin, officiellement prévu fin-avril début mai. "Le désarmement n’est pas lié à l’organisation de l’élection présidentielle et n’a donc jamais été une question préalable à son organisation", a affirmé Me Affoussy Bamba, porte-parole des FN.

Signé fin 2008, le dernier accord de paix en complément à "l’accord politique de Ouagadougou" de 2007, prévoit pourtant que le désarmement des éléments FN qui n’auront été ni démobilisés ni reversés dans des brigades mixtes (loyalistes et ex-rebelles), doit être bouclé au plus tard deux mois avant l’élection.

Menaces voilées

Actuellement en tournée à travers le pays, Charles Blé Goudé a contre-attaqué à coup de menaces voilées, en accusant Guillaume Soro de jouer les "équilibristes" en voulant être "Premier ministre à Abidjan et chef d’Etat à Bouaké" [centre, fief des FN,ndlr]. "Cette situation peut lui jouer un mauvais tour. Je souhaite qu’il soit beaucoup plus courageux et qu’il clarifie sa position (…) on ne peut continuer de développer une économie parallèle [dans le nord, ndlr] et faire croire qu’on va à la paix. (…) Nous allons mener le combat du désarmement et de la réunification du pays calmement mais fermement", a-t-il poursuivi. Sans cesse reporté depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, le scrutin présidentiel est censé clore la crise née du coup d’Etat manqué de 2002, qui a coupé la Côte d’Ivoire en un sud loyaliste et un nord contrôlé par les FN.   (avec AFP)