Elections

Moreno Ocampo passe à l’acte

| Par Jeune Afrique
Luis Moreno Ocampo veut ouvrir au moins deux enquêtes au Kenya.

Luis Moreno Ocampo veut ouvrir au moins deux enquêtes au Kenya. © AFP

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, a décidé d’ouvrir plusieurs enquêtes sur les violences post-électorales qui avaient secoué le Kenya fin 2007-début 2008.

Les projets du remuant procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, se précisent au sujet du Kenya. Après avoir été autorisé mercredi 31 mars par les juges de la CPI à mener une enquête pour crimes contre l’humanité sur les violences post-électorales qui avaient fait, selon l’accusation, environ 1 200 morts et 300 000 déplacés dans le pays fin 2007-début 2008, celui-ci a annoncé jeudi 1er avril qu’il souhaitait désormais ouvrir « au moins deux » enquêtes impliquant chacune « une à trois personnes ».

« Nous ciblerons les personnes qui, d’après les éléments de preuve que nous aurons recueillis au cours de notre enquête indépendante, portent la responsabilité la plus lourde », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à La Haye (Pays-Bas). Son objectif, précise-t-il, est de « réaliser la plus grande partie de l’enquête dans le courant de l’année ». Pour la mener à bien, il devrait se rendre en mai au Kenya.

Crimes à grande échelle

La liste confidentielle de vingt suspects qui lui avait été remise par la commission nationale d’enquête sur les violences post-électorales, « a été fournie à titre indicatif », a encore souligné le procureur, qui a également précisé ne pas pouvoir « nommer des gens sans élément de preuve. » Selon l’accusation, les personnes impliquées sont des dirigeants politiques ou de hauts responsables du secteur économique liés au Parti de l’unité nationale (PNU) du président Mwai Kibaki ou au Mouvement orange démocratique (ODM) de l’ancien chef de l’opposition, Raila Odinga, devenu Premier ministre.

« Nous savons que les deux partis politiques ont mené des crimes à grande échelle », a déclaré le procureur, qui à toutefois relativisé ses affirmations. « Nous n’avons pas encore d’éléments de preuve, a-t-il expliqué, nous avons juste des informations ».

« Nous verrons si nous ouvrons d’autres enquêtes ensuite », a-t-il ajouté, en précisant vouloir « agir sans retard pour concourir à la prévention de tels crimes lors des prochaines élections ». « L’attitude du Kenya donnera un exemple historique de la manière dont un pays choisit d’aborder et de prévenir les crimes de masse », a conclut le procureur.
 

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