Politique

Le Premier ministre Carlos Gomes et le chef d’état major arrêtés par des militaires

L'ex-Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior.

L'ex-Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior. © AFP

L’instabilité n’est pas finie, malgré les élections présidentielles pacifiques de mi-2009. Le Premier ministre Carlos Gomes Junior et le chef de l’Etat major, le général José Zamora Induta, ont été arrêtés le 1er avril par des soldats mutins. La communauté internationale condamne le coup de force.

Actualisé le 1er avril à 21h03

Encore une fois, c’est la confusion qui règne à Bissau. Dans la matinée du 1er avril, le Premier ministre de Guinée-Bissau Carlos Gomes Junior a été arrêté par des militaires à son bureau de la Primature (qui est aussi le siège du gouvernement), conduit à l’ancien état-major de l’armée puis ramené dans son bureau pour être ensuite emmené à sa résidence de la capitale, où il serait apparemment consigné.

Le chef d’état-major de l’armée, le général José Zamora Induta, a également été arrêté et amené sur la base aérienne de Bissalanca.

C’est le chef d’état-major adjoint, le général Antonio Indjai, qui a assuré avoir pris la direction des forces armées. Dans un entretien téléphonique avec l’AFP, il avait annoncé vouloir faire juger le Premier ministre, menaçant de l’"assassiner" si des manifestations en sa faveur ne cessaient pas.

Le président Sanha a estimé que la situation était calme. "Il n’y a pas de problème, a-t-il déclaré, dans une déclaration retransmise par Antena 1. Il y a eu une situation de confusion entre militaires qui a débordé jusqu’au gouvernement, mais la situation est calme", a-t-il affirmé.

Alors que l’incertitude pèse sur le sort des deux hommes, ainsi que sur celui des 40 officiers arrêtés en même temps, la commaunuté internationale a commencé à réagir, s’inquiétant de l’instabilité en Guinée Bissau et condamnant la tentative de destabilisation par la force. Le président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping, a appelé les militaires en Guinée-Bissau à "respecter la discipline républicaine".

Menaces de mort

"Le Premier ministre est actuellement à sa résidence privée où il a reçu un groupe d’officiers mais les rues voisines sont sous le contrôle de militaires qui l’ont arrêté", a indiqué à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, un soldat participant à l’opération. Celui-ci a également précisé que des militaires empêchent des manifestants soutenant le Premier ministre d’accéder à sa résidence.

Plus tard en début d’après-midi, le chef d’état-major adjoint de l’armée de Guinée-Bissau, le général Antonio Indjai, a menacé lors d’une conférence de presse, de "tuer" Carlos Gomes Junior. "Nous vous demandons d’éviter tout attroupement dans les rues. Si vous ne le faites pas, cela peut nous amener à tuer Cadogo", surnom du Premier ministre, a déclaré le chef d’état-major adjoint, qui était accompagné par l’ex-chef de la Marine, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchute. Le Premier ministre est soupçonné par une partie de l’armée d’être l’un des commanditaires de l’assassinat de l’ancien chef de l’Etat João Bernardo Vieira dit « Nino », le 2 mars 2009, quelques heures après l’attentat mortel contre le chef d’état-major Tagmé Na Waié.

"Cadogo (surnom du Premier ministre) est un criminel et il doit être jugé comme tel", a-t-il déclaré un peu plus tard à l’AFP, visiblement très en colère, le chef d’état-major de l’armée, le général José Zamora. "Induta et Cadogo doivent payer pour tous les crimes qu’ils ont commis", a-t-il poursuivi. Interrogé pour savoir où se trouvait le général Induta, son ancien chef, il a répondu: "Je ne sais pas". Il a par ailleurs confirmé qu’il avait pris les rênes de l’armée: "Comme je suis le chef d’état-major adjoint, c’est donc moi qui assure la direction de l’armée". Interrogé sur les manifestants qui sont descendus dans les rues pour exiger la libération du Premier ministre, il a répondu: "Je suis en train de perdre patience, si les jeunes continuent encore à occuper les rues, je vais assassiner Cadogo", a-t-il répété, avant d’interrompre la conversation.(avec AFP)

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