Défense

Konaté reçoit le soutien résolu de la France

Le général Sékouba Konaté, président guinéen par intérim. © Youri Lenquette pour J.A.

Au cours de sa visite "privée" à Paris, le président guinéen par intérim a reçu plusieurs responsables français de haut niveau qui ont salué son action, jeudi 1er avril.

Actualisé le 2 avril à 11h19

A en juger par les entretiens qui lui ont été accordés jeudi 1er avril à Paris, « l’offensive diplomatique » de Sékouba Konaté en France (dixit son conseiller en communication, Boubacar Yacine Diallo) semble couronnée de succès.

Konaté a rencontré, au cours de l’après-midi du 1er avril, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, ainsi que le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, qui s’est introduit dans le bureau de Guéant au moment où celui-ci recevait le nouvel homme fort de Guinée. Guéant : "Mon général, tenez parole. Organisez l’élection le 27 juin. Mieux vaut une élection imparfaite que pas d’élection. Il ne faut pas que le syndrome ivoirien s’empare de la Guinée."

S’étant introduit dans le bureau de son collaborateur au moment où celui-ci abordait la question d’un éventuel retour à Conakry de Moussa Dadis Camara (l’ex-chef de la junte en convalescence à Ouagadougou), Sarkozy a réagi avec vigueur, disant, en substance, qu’il était hors de question que Dadis retourne en Guinée avant la fin du processus électoral, car il doit d’abord répondre de ses actes devant la justice. Puis le numéro un français de poser une série de questions à Konaté : "Votre sécurité est-elle bien assurée ?" , "Où vivez-vous à Conakry ?", "Qu’allez-vous faire après l’élection ?"…

A cette dernière question Konaté a répondu : "Je vais prendre le large et me reposer". Sarkozy a eu l’air un peu surpris : "Vous ne pouvez tout de même pas prendre la retraite à 56 ans ?" Konaté a rectifié: "Je n’ai pas 56 ans, j’en ai 46 !" Ne comprenant visiblement pas la source de cette grossière erreur inscrite dans la fiche technique qui lui avait été transmise, le locataire de l’Elysée s’est tourné vers Guéant et l’a scruté du regard avant de poursuivre la conversation…

« Cet homme est le centre de l’espoir »

Au cours de cette visite, décrite comme « privée avec des rencontres politiques », Sékouba Konaté a également rencontré le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le secrétaire d’État français à la Coopération, Alain Joyandet, ainsi que plusieurs grands patrons français à l’hôtel dans lequel il réside. "Si vous réussissez à organiser ces élections et à remettre le pouvoir à celui qui va en sortir vainqueur, vous resterez dans l’histoire", a lancé Kouchner au général Konaté qui le recevait dans sa suite."  "Ce qui m’inquiète, a poursuivi Kouchner, c’est la position ambigue du Premier ministre, Jean-Marie Doré, que j’ai entendu subordonner l’organisation de l’élection au bon vouloir des partis, au lieu de s’en tenir à la date fixée."

Venu chercher « un appui à la restructuration des forces de sécurité afin de pérenniser les bases de l’état de droit et de la démocratie », le président guinéen a collectionné les compliments de Bernard Kouchner. « Cet homme est le centre de l’espoir, l’espoir qui maintenant diffuse vers des élections, le 27 juin, (qui) est toujours la date fixée », a indiqué le ministre devant plusieurs journalistes. « Cela fait 50 ans que les Guinéens attendent cela, des élections libres » et « j’ai beaucoup d’espoir que cela puisse se dérouler de façon libre et transparente », a poursuivi le chef de la diplomatie française devant la presse.

Contrairement à ce qu’il avait précédemment indiqué, Bernard Kouchner n’a en revanche pas évoqué les massacres du 28 septembre. « Nous n’avons pas évoqué cela, a-t-il expliqué. Nous avons évoqué le futur immédiat du peuple guinéen. […] Ne nous tournons plus vers le passé. »

Coopération militaire confirmée

Les demandes guinéennes dans le domaine militaire portaient sur « une coopération dans le cadre des programmes de formation des personnels et de la réorganisation des forces de sécurité », a indiqué Alain Joyandet. La reprise de la coopération militaire avec la Guinée, annoncée dès la formation du gouvernement d’union nationale de Jean-Marie Doré, a été confirmée par la diplomatie française.

Le dirigeant guinéen par intérim doit encore rencontrer le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) Abdou Diouf ce vendredi, et s’exprimer devant les guinéens expatriés à Paris samedi.

Il doit ensuite se rendre dans d’autres pays européens, selon son entourage. Cette tournée a été rendue possible par la levée – pour lui – d’une interdiction de visa dans l’Union européenne qui avait été décidée à l’encontre des militaires guinéens après le massacre du 28 septembre 2009.

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