Diplomatie

Présence symbolique de Joyandet aux commémorations du génocide

Alain Joyandet à Kigali le 7 avril, en compagnie de Louise Mushikiwabo. © AFP

La France et le Rwanda ont fait un pas de plus vers le retour à des relations apaisées, mercredi, avec la présence d’un membre du gouvernement français aux commémorations du génocide de 1994, pour la première fois depuis six ans.

En 2004, lors de la dernière visite d’un membre du gouvernement français pour les commémorations du génocide de 1994, l’ambiance était particulièrement tendue. Les deux pays n’avaient pas encore rompu leurs relations diplomatiques (ce sera le cas à partir de 2006), mais le secrétaire d’État aux Affaires étrangères d’alors, Renaud Muselier, avait précipitamment quitté Kigali après une diatribe du président Kagamé contre la complicité de Paris avec les génocidaires hutus.

Relations apaisées

Mercredi, dans la capitale rwandaise, le rôle de la France pendant le génocide n’a pas été évoqué devant Alain Joyandet, le secrétaire d’État français à la Coopération. Sa présence à la cérémonie illustrait le chemin parcouru entre les deux pays.

Le président rwandais, Paul Kagamé, s’est entretenu avec lui pendant une demi-heure, à la demande de Kigali, a tenu à préciser la diplomatie française. Cette entrevue « reflète la volonté partagée d’aborder cette nouvelle relation [entre les deux États], tournée vers l’avenir », a déclaré Alain Joyandet. « Je crois qu’on peut dire que nous sommes sur la voie de la réconciliation durable. Nous abordons ce moment avec humilité », a poursuivi le secrétaire d’État.

Renouveau de la présence française

Côté rwandais, la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a souligné la présence « très significative » de la France « qui s’inscrit dans cette volonté des chefs d’État et des peuples d’avancer ».

Le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda avait été scellé par une visite de Nicolas Sarkozy à Kigali, en février dernier. Le chef de l’État français avait alors reconnu « de graves erreurs » et « une forme d’aveuglement » dans le soutien de la France au régime du président hutu Juvénal Habyarimana.

Les trois ans de rupture diplomatique avaient été provoqués par l’émission de mandats d’arrêt contre des proches de Paul Kagamé dans l’affaire de l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide.

Alain Joyandet a annoncé la réouverture du centre culturel français de Kigali (en juin) et de l’école primaire française (en septembre), deux établissements qui étaient fermés depuis 2006.

Paul Kagamé doit désormais se rendre dans l’Hexagone fin mai, à l’occasion du sommet Afrique-France de Nice. La visite d’une délégation de patrons français à Kigali est prévue à l’automne. (Avec AFP)

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