Racisme

Les vaincus de l’Histoire montrent les dents

| Par Jeune Afrique
Des partisans du Mouvement de résistance afrikaner (AWB), le 9 avril 2010 à Ventersdorp.

Des partisans du Mouvement de résistance afrikaner (AWB), le 9 avril 2010 à Ventersdorp. © AFP/Alexander Joe

L’enterrement du leader raciste et radical Eugène Terre’Blanche s’est déroulé vendredi 9 avril sous haute tension en Afrique du Sud. Les militants du Mouvement de résistance afrikaner (AWB) menacent d’avoir recours à la force si leurs revendications séparatistes ne sont pas acceptées.

Pour folklorique qu’elle soit, l’extrême-droite blanche d’Afrique du Sud impressionne. Et elle tient à manifester ce qui lui reste de force. Ses militants ont donc afflué comme un seul homme vendredi matin vers la bourgade de Ventersdorp (nord-ouest), où avaient lieu les funérailles du leader radical assassiné le 3 avril, Eugène Terre’Blanche. Il aurait été battu par deux de ses ouvriers agricoles avec lesquels il s’était disputé au sujet de salaires impayés, et qui ont été inculpés de meurtre.

Avant le service religieux, qui avait lieu à 10h GMT, des centaines de militants du Mouvement de résistance afrikaner (AWB), presque tous en tenue paramilitaire, et des fermiers blancs formaient une longue file d’attente devant l’église protestante afrikaner de la petite ville. Après la cérémonie religieuse, Eugène Terre’Blanche devait être enterré sur sa ferme, à une dizaine de kilomètres du centre de Ventersdorp. La ville a été placée sous haute sécurité, compte tenu du passé violent de l’AWB qui a organisé de nombreux attentats meurtriers dans les années 1990 pour empêcher la chute de l’apartheid.

Haute sécurité

Le chef de la police nationale, Bheki Cele, est arrivé en fin de matinée à Ventersdorp pour s’entretenir avec les extrémistes et surveiller l’imposant dispositif mis en place. Patrouilles renforcées, hélicoptères, maîtres-chiens, démineurs, unités spécialisées dans le contrôle des foules étaient visibles dans l’ensemble de la bourgade, dont les magasins étaient toutefois ouverts normalement. "Nous nous sommes préparés à réagir à n’importe quel type de situation", a expliqué une porte-parole de la police, Adele Myburgh.

Les radicaux blancs n’étaient cependant pas encore prêts à causer des troubles. "Ce seront des funérailles normales, pas des funérailles politiques. C’est ce qu’a demandé la famille", a affirmé un porte-parole de l’AWB, Pieter Steyn. "Nous avons demandé à nos membres de respecter cette requête (…). Il n’y aura pas de salut, de coups de feu, de marches ou quoi que ce soit d’autre", a-t-il ajouté. Mais malgré ce mot d’ordre, une bannière devant l’église affichait, en afrikaans : "Pour la paix, mais prêts pour la guerre".

"Ils auront la guerre"

La formation milite toujours pour la création d’un Volkstaat (état autonome pour les Afrikaners, les descendants des premiers colons européens) et demande que le gouvernement renforce la sécurité des fermiers blancs, a expliqué le secrétaire général de l’AWB, Andre Visagie. Il a en outre promis de privilégier d’abord les négociations avec le gouvernement, qui devraient selon lui débuter la semaine prochaine, et de ne recourir à la violence qu’"en dernier ressort". Jan Pewet, un militant en treillis décoré d’un aigle nazi, justifie par avance la violence en accusant les Noirs de vouloir "jeter les Blancs hors du pays (…). S’ils veulent la guerre, ils auront la guerre".

Pour éviter les affrontements, la confédération syndicale Cosatu a appelé les Noirs des alentours à se réunir dans le township voisin de Tshing à l’heure des funérailles. "Notre but est de faire en sorte que les ouvriers agricoles et les communautés de Ventersdorp restent disciplinés et en sécurité", a-t-elle expliqué dans un communiqué. Des précautions qui n’ont rien de superflu. Lors de la comparution des suspects, mardi devant le tribunal de Ventersdorp, une bagarre avait explosé entre des militants de l’AWB et des Noirs, et la police avait dû ériger une clôture entre les deux camps.

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