Politique

Arrestation de nombreux membres de l’opposition

Une marche à la bougie, mercredi 14 avril, pour protester contre la réélection de F. Gnassingbé. © Jean-Claude Abalo pour J.A

Plusieurs cadres et militants du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac, opposition) ont été arrêtés au siège de l'Union des forces de changement (UFC) d’où devait partir, mercredi soir, une marche à la bougie pour protester contre la réélection du président Faure Gnassingbé.

« Jean-Pierre Fabre [candidat du Frac à l’élection présidentielle] est arrivé au siège du parti vers 16 h 30 [heure locale, ndlr]. Les policiers lui ont refusé l’accès aux locaux. Après son départ, les policiers sont rentrés dans les locaux du siège et ont tout ramassé sur leur passage », a déclaré Eric Dupuy, le directeur de communication de l’Union des forces de changement (UFC), joint par jeuneafrique.com.

Dans leur descente, les policiers et gendarmes, casqués et armés de matraques, ont d’abord bloqué toutes les issues menant au siège du parti. « Ils ont ensuite emporté des documents, des ordinateurs, des classeurs et beaucoup de meubles », a déclaré le Franco-Togolais Koffi Yamgnane, porte-parole du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac), la coalition de l’opposition qui avait appelé à une marche à la bougie à partir du siège de l’UFC, mercredi soir, pour protester contre la réélection du président Faure Gnassingbé.

Éléments perturbateurs

« 70 personnes au total ont été emmenées à la gendarmerie. Pour l’instant, nous n’avons aucune nouvelle de ces personnes arrêtées », a ajouté Yamgnane. Parmi les personnes interpellées figurent plusieurs cadres de l’UFC : le secrétaire général national de l’organisation, Robert Olympio, le président de la jeunesse de Lomé Commune, Jean-Eklu, et le secrétaire administratif, Ralph K. Atsou.

Mais pour le chef d’escadron de la gendarmerie, Amana Kodjo, les arrestations concernent surtout des éléments perturbateurs. « Il s’agit de jeunes qui sont venus des camps de réfugiés d’Agamé (Bénin) et d’autres pays étrangers, qui veulent semer le trouble. Pour nous, il est important d’agir », a-t-il expliqué.

« Suite logique »

La police avait également bouclé la place de l’Indépendance, dans le centre-ville, où les organisateurs de la « veillée » avait prévu de terminer leur marche nocturne. Une manifestation similaire organisée en mars dernier avait réuni plusieurs milliers de partisans de l’opposition. Mais elle avait été brutalement dispersée à coups de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre.

Les autorités parlent de « désobéissance à l’autorité légale » pour justifier les arrestations. « La veillée n’était à aucun moment interdite », réplique Koffi Yamgnane. « Ce n’est pas la première fois que le pouvoir agit comme ça, rappelle de son côté Eric Dupuy. C’est la suite logique de ce qui s’était passé en 2005 avec l’arrestation de nos militants, l’attaque de notre site informatique, et la saisie des ordinateurs sur lesquels nous étions en train de compiler nos résultats. » Une saisie auxquelles les autorités ont également procédé en mars dernier.

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