Elections

Les autorités menacent le Frac de représailles judiciaires

| Par Jeune Afrique
Patrick Lawson et Jean-Pierre Fabre lors d'un meeting, le 13 mars 2010 à Lomé.

Patrick Lawson et Jean-Pierre Fabre lors d'un meeting, le 13 mars 2010 à Lomé. © Jean-Claude Abalo pour J.A.

Les récentes accusations de vol et de viols portées par le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC, opposition) de Jean-Pierre Fabre contre les forces de l’ordre ne devraient pas rester sans suite. Les autorités veulent poursuivre les responsables de ce qu’elles considèrent comme des « allégations mensongères ».

« Une plainte régulière sera déposée devant les tribunaux compétents par la gendarmerie nationale, afin que les auteurs de ces allégations répondent de leurs actes », a martelé, le 16 avril, le colonel Yark Damehane, patron de la gendarmerie et de la Force de sécurité élection présidentielle (FOSEP). Ce dernier réfute toutes les accusations portées par le Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC, opposition) au sujet « des prétendus viols commis par les gendarmes ».

Le 15 avril, le vice-président de l’Union des forces de changement (UFC), Patrick Lawson, avait violemment dénoncé l’attitude des forces de l’ordre dans la répression d’une marche nocturne organisée la veille par l’opposition pour manifester contre la réélection du président, Faure Gnassingbé. « Certaines femmes ont subi des touchers vaginaux, des viols et autres traitements inhumains et dégradants », avait-il affirmé dans un communiqué à la presse. Les corps habillés sont également accusés d’avoir pillé les bureaux visités et d’avoir emporté « une somme de vingt deux millions cinq cent mille francs CFA ».

« Ces déclarations mensongères n’ont d’autre but que de ternir l’image des forces de sécurité en général, et de la gendarmerie nationale en particulier, et visent bien d’autres desseins inavoués. Elles ne resteront pas impunies », a menacé le patron de la FOSEP.

Crise au sein du Frac et de l’UFC

Ces accusations mutuelles surviennent alors que le Frac est en pleine crise. Son porte-parole, Koffi Yamgnane, a fondé son propre parti tandis que les critiques se font de plus en plus virulentes contre Gylchrist Olympio, leader de l’UFC dont est issu le candidat malheureux du Frac à la présidentielle du 4 mars, Jean-Pierre Fabre.

Lors d’une marche pacifique de la coalition d’opposition, samedi 17 avril, le cortège d’Olympio a dû faire face à la colère de nombreux militants vêtus de chemises jaunes. Un brusque mouvement de foule, suivi de jets de pierres, de bouteilles d’eau et de sable sur le véhicule d’Olympio, pourtant escorté par deux fourgonnettes de la gendarmerie et de la police, ont obligé ce dernier à rebrousser chemin.

« Nous ne voulons plus de lui. Il n’a pas une position claire », scandaient les jeunes manifestants, visiblement surexcités et prêts à en découdre. « Un mythe vient de tomber », a murmuré un militant, témoin de l’échauffourée et surpris par la scène.

« La présence des forces de l’ordre dans le convoi de M. Olympio, ses sorties médiatiques de ces derniers temps défavorables au candidat « élu » Jean-Pierre Fabre, peuvent justifier cette tension », a expliqué Éric Dupuy, secrétaire national de l’UFC à la communication. Des proches d’Olympio, contactés par jeuneafrique.com, se sont abstenus de tout commentaire. Une chose est sûre : l’événement témoigne d’une réelle crise interne au parti. Le point de discorde restant, sans nul doute, la candidature présidentielle de Jean-Pierre Fabre en lieu et place de celle d’Olympio.

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