Société

Disparition d’un acteur du génocide rwandais

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Mis à jour le 26 avril 2010 à 15:54

Jean Bosco Barayagwiza, un ancien dirigeant condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour son implication dans le génocide, est mort dimanche 25 avril. Il purgeait sa peine dans un hôpital de Porto-Novo, au Bénin.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a annoncé, lundi 26 avril, la mort de l’ancien dirigeant rwandais qu’il avait condamné pour son rôle dans le génocide des Tutsis en 1994. Jean Bosco Barayagwiza est décédé hier dans un hôpital de la ville de Porto-Novo, au Bénin, où il purgeait sa peine.

Le TPIR « a été informé par le gouvernement béninois du décès de Jean Bosco Barayagwiza, survenu le dimanche 25 avril 2010 à 06 h 22, heure locale, au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé, à Porto-Novo », a précisé le tribunal dans un communiqué. Jean Bosco Barayagwiza était hospitalisé dans ce centre depuis le 5 mars.

Le 28 novembre 2007, la Chambre d’appel du TPIR avait confirmé la culpabilité de Jean Bosco Barayagwiza pour des faits qualifiés de génocide et de crimes contre l’humanité et l’avait condamné à 32 ans de prison. Depuis le 27 juin 2009, il était détenu au Bénin, en vertu d’un accord entre ce pays et les Nations unies, qui ont créé le TPIR.

Né en 1950 dans la commune de Mutura, préfecture de Gisenyi (nord du Rwanda), Jean Bosco Barayagwiza est juriste de formation. Il est l’un des fondateurs, en 1992, de la Coalition pour la défense de la république (CDR), un parti radical hutu.

Il fut également l’un des principaux animateurs du « Comité d’initiative », à l’origine de la création de la Radio télévision libre des Mille collines (RTLM) qui avait appelé, sur son antenne, aux massacres de Tutsis en 1994. Il avait aussi été directeur chargé des questions politiques au ministère des Affaires étrangères du Rwanda. Le génocide, perpétré d’avril à juillet 1994 au Rwanda par le régime extrémiste hutu alors au pouvoir, a fait environ 800 000 morts selon l’ONU, en grande majorité de l’ethnie tutsi. (avec AFP)