Sport

Le championnat burkinabè reprend, mais à bout de souffle

Des supporteurs du Burkina Faso dans le stade de Ouagadougou, lors de la CAN 1998. © AFP/Jean-Philippe Ksiazek

"Le championnat reprendra ce week-end", a assuré Théodore Zambendé Sawadogo, le président de la Fédération burkinabè de football, dans un entretien à jeuneafrique.com. Une annonce certes réconfortante, alors que les matchs sont suspendus depuis le 25 avril, faute de financements. Mais qui ne solutionne pas le problème structurel du football burkinabè.

Dimanche dernier, l’annonce de la suspension des matchs de première et deuxième division du championnat de football burkinabè, faute de financements, avait plongé les clubs et leurs supporters dans le désarroi. Le président de la Ligue, Laurent Béré, avait été contraint de prendre cette décision, faute de financements, à la fin de la 16e journée.

Explication : au pays des hommes intègres, c’est la Fédération burkinabè de football (FBF) qui prend en charge les déplacements et l’hébergement des équipes. Or, leurs ressources sont insuffisantes. « Cela faisait trois journées que les équipes payaient elles-mêmes pour les matchs », indique Laurent Béré, justifiant ainsi une décision polémique. En effet, la suspension des rencontres risque de retarder le calendrier de la compétition, et de compromettre la qualification des clubs burkinabès pour la Ligue des champions de la Confédération africaine de football (CAF).

Mais cette décision semble déjà remise en cause. « Le championnat va reprendre dès ce week-end. La suspension appartient à l’histoire », a affirmé à jeuneafrique.com, mercredi 28 avril, le président de la Fédération burkinabè de football (FBF), Théodore Zambendé Sawadogo, précisant que l’État avait été obligé « de mettre la main à la poche ». Et, selon nos informations, Laurent Béré a déjà signé la circulaire demandant la reprise des matchs.

La FBF au bord du gouffre

Les difficultés financières persistantes de la FBF ne sont pas terminées pour autant. Théodore Zambendé Sawadogo les avait déjà évoquées publiquement à plusieurs occasions, sans révéler leur ampleur. « Il y a eu un rapport, mais ses conclusions sont confidentielles », se borne-t-il à rappeler.

Reste que la récente visite d’huissiers au siège de la FBF, destinée à estimer le patrimoine de la fédération, a dévoilé au grand jour l’urgence de la situation. Depuis la rupture de ses contrats avec la Mabucig, le fabriquant national de cigarettes, la FBF ne parvient pas à redresser ses comptes. Or, la participation du sponsor représentait plus de 200 millions de F CFA (300 000 euros) de recettes annuelles…

« C’est vrai que c’est une difficulté mais, même sans les cigarettiers, nous avons organisé des championnats », relativise Théodore Zambendé Sawadogo, à la tête de la FBF depuis 2008. Peu prolixe, il refuse de donner le montant exact des dettes de son organisation. Tout juste consent-il à indiquer que les dépenses annuelles de la FBF dépassent le milliard de francs CFA (1,5 million d’euros). La presse burkinabè n’hésite pas à mentionner le chiffre de 600 000 euros de dettes.

Malgré la solution offerte par l’État burkinabè, qui a renfloué provisoirement les caisses de la FBF, le problème reste donc entier. « Nous sommes en train de chercher des solutions structurelles, mais nous ne trouvons que des petits sponsors qui ne versent que peu d’argent », déplore Théodore Zambendé Sawadogo.

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