Défense

Marée noire : après Katrina, la Louisiane à l’aube d’une nouvelle catastrophe

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La nappe de pétrole a atteint les côtes américaines, jeudi 29 avril.

La nappe de pétrole a atteint les côtes américaines, jeudi 29 avril. © AFP

La nappe de pétrole échappée d’une plateforme pétrolière du golfe du Mexique a atteint les côtes américaines. Le président Barack Obama a promis d’engager tous les moyens disponibles pour lutter contre la marée noire qui s’annonce comme l’une des plus graves de l’histoire américaine. Après l’ouragan Katrina de 2005, le sud des États-Unis, et la Louisiane en particulier, s’apprête donc à subir une nouvelle catastrophe.  

Les images satellites ne s’y trompaient pas : la marée noire progressait tout droit vers les côtes de la Louisiane. Jeudi 29 avril dans la soirée, le pétrole a commencé à toucher les plages. Le président du comté de Plaquemines, Billy Nungesser, a confirmé qu’une nappe brillante avait touché les terres côtières près de l’embouchure du fleuve Mississippi. Le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal a déclaré l’état d’urgence.

Après avoir été ravagée par l’ouragan Katrina à l’été 2005, la Louisiane pourrait être désormais victime de la pire catastrophe écologique de ces dernières années. En cause : une plateforme pétrolière qui a sombré dans le golfe du Mexique le 22 avril dernier, après une explosion et un incendie.

Elle contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour. Onze personnes sont portées disparues. Une nappe de pétrole de 1 550 km2 s’en est échappée.

Nouvelle fuite

Afin de préparer au mieux les dispositifs d’urgence, la marée noire a donc été classée, jeudi, comme « catastrophe nationale ». Cette appellation permet de mobiliser tous les moyens du pays. Le président Barack Obama s’est immédiatement saisi du problème, promettant d’employer toutes les ressources du pays, y compris l’armée.

Des barrages flottants ont été déployés sur 20 milles nautiques pour tenter de contenir le pétrole. Mais, selon le gouverneur Jindal, c’est insuffisant et il faudrait en déployer encore plus. Des équipes d’intervention ont, par ailleurs, enflammé mercredi une portion de la nappe pour tenter de contenir sa progression. Mais la météo en cours de dégradation menaçait d’annuler les effets de cet essai d’incendie « contrôlé ».

Les gardes-côtes ont annoncé tard mercredi la découverte d’une nouvelle fuite, estimant à « plus de 5 000 barils par jour » (800 000 litres) le volume de pétrole se déversant toujours dans la mer en provenance du puits sous-marin. Les ingénieurs se démènent pour construire un couvercle destiné à endiguer la fuite. À titre de comparaison, la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier Exxon Valdez en 1985 était formée de 40 millions de litres d’hydrocarbure qui s’étaient répandus en Alaska sur une distance de 1300 km de côtes.

BP « responsable »

La ministre de la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, a insisté lors d’un point presse à la Maison-Blanche, sur la responsabilité dans la catastrophe de la société britannique BP qui exploite la plateforme. Elle a demandé au groupe la plus vive réaction.

Une plainte a également été déposée par des pêcheurs de Louisiane contre BP. Les marais côtiers de cet État constituent un sanctuaire pour la faune, en particulier les oiseaux aquatiques. La marée noire risque de polluer les pêcheries, cruciales pour l’économie locale. La Floride, l’Alabama et le Mississippi notamment, craignent que la nappe de pétrole ne souille aussi leurs plages et leur faune aquatique. (avec AFP)
 

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