Politique

Affaire Nkunda : le parcours du combattant

| Par Jeune Afrique
Laurent Nkunda a peu de chance de retrouver prochainement la liberté.

Laurent Nkunda a peu de chance de retrouver prochainement la liberté. © AFP PHOTO/Roberto SCHMIDT.

Le tribunal militaire de Kigali doit se prononcer, mardi 11 mai, sur la remise en liberté provisoire de Laurent Nkunda, détenu au Rwanda depuis plus d’une année. Mais, malgré les efforts de ses avocats, l’ex-chef rebelle n’a que peu de chances d’obtenir satisfaction.

L’ancien chef rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Laurent Nkunda, sera-t-il bientôt libre ? « Le tribunal militaire a convoqué une audience le 11 mai », pour examiner sa demande de remise en liberté, a indiqué l’un de ses avocats Me Aimé Bokanga, du barreau de Kigali. Mais la procédure n’a presque aucune chance de trouver une issue positive pour Nkunda, car elle impliquerait que le général James Kabarebe, ancien chef d’état-major des armées rwandaises, nommé ministre de la Défense le mois dernier, soit jugé.

Pour l’avocat de Nkunda, en effet,  Kabarebe est responsable de « l’arrestation et de la mise en détention illégales » de son client. Une fin de non-recevoir avait déjà été réservée à deux requêtes de remise en liberté provisoire déposées en septembre et en octobre 2009 devant l’auditorat militaire et la Haute Cour militaire du Rwanda. Puis, après une nouvelle demande déposée fin novembre 2009, la Cour suprême du Rwanda avait fini par arguer, le 26 mars dernier, du statut militaire de M. Kabarebe pour se déclarer incompétente et avait renvoyé l’affaire devant la justice militaire. Qui ne devrait pas être pressée de se prononcer, tant la mise hors d’état de nuire de Nkunda relève d’abord d’une décision politique.

Retournement d’alliance

Laurent Nkunda avait mis en déroute l’armée congolaise dans le Nord-Kivu (est de la RDC) en octobre 2008 et menacé de faire tomber Goma. Mais à la suite d’un retournement d’alliance, les armées congolaise et rwandaise avaient lancé, le 20 janvier 2009, une opération conjointe sans précédent contre les rebelles hutus rwandais dans l’est de la RDC. Celle-ci avait débouché dans un premier temps sur l’arrestation de Nkunda, en janvier 2009, à Gisenyi, ville rwandaise frontalière avec Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Il y fut gardé au secret avant d’être transféré en mai de la même année à Kabuga, petite ville tranquille de la banlieue est de Kigali, où il est depuis en résidence surveillée. Dans l’attente d’une libération bien hypothétique…

 

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