Politique

Ultime hommage au président défunt Umaru Yar’Adua

Le cercueil du président Umaru Yar'Adua escorté à l'aéroport d'Abuja, le 6 mai 2010. © AFP

Décédé le 5 mai des suites d'une longue maladie cardiaque, le président nigérian a été inhumé hier dans sa ville de Katsina (Nord), où il était très respecté et populaire.

Plusieurs milliers d’hommes en tenue traditionnelle musulmane – calotte et djellaba de couleur claire – ont rendu un dernier hommage au défunt président du Nigeria Umaru Yar’Adua. Décédé mercredi 5 mai  vers 21 h GMT, celui-ci a été inhumé hier en fin de journée dans le cimetière Danmarna de sa ville natale de Katsina, dans le nord du pays, en présence de nombreux dignitaires. Son corps était arrivé d’Abuja en avion un peu plus tôt dans l’après-midi avec les membres de sa famille, Turai, son épouse, et ses enfants en larmes.

Enveloppé dans un drapeau blanc et vert cru, les couleurs du Nigeria, le corps, placé dans un cercueil fait de simples planches sans couvercle, a été transporté par des militaires en uniformes jusqu’au domicile familial. Tout le long de la route, écrasée sous le soleil, des milliers de badauds, curieux ou émus, priaient ou chantaient « Allahou Akbar » (Dieu est grand, dans la langue du prophète).

Dans la vaste maison familiale, d’apparence modeste avec son toit de zinc, une soixantaine de parents proches attendaient le président pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, hommes d’un côté, femmes de l’autre. De nombreux dignitaires avaient été aussi été installés dans un stade de football jouxtant la maison, vraisemblablement faute de place.

Intègre et populaire

Parmi les milliers de personnes présentes, le Premier ministre du Niger voisin, Mohammed Danda et, pour représenter l’État fédéral, une délégation composée des dirigeants du parlement nigérian, des chefs du Parti démocratique du peuple (PDP, au pouvoir) et de nombreux religieux. Le président Goodluck Jonathan, qui avait prêté serment le matin même à Abuja, était absent.

Puis, comme le veut la tradition musulmane, Yar’Adua a été enterré avant la tombée de la nuit. Après la halte au domicile familial, le cortège a pris la direction du cimetière public, suivi par une immense foule recueillie. La majorité des bureaux et commerces étaient fermés en signe de deuil, pour permettre aux habitants de rendre un dernier hommage à l’enfant du pays, gouverneur de 1999 à 2007 de l’État de Katsina, où il avait introduit la charia (loi islamique) avant de remporter la présidentielle.

Considéré comme intègre, Umaru Yar’Adua était populaire dans sa région d’origine. « Je n’arrive pas à exprimer ce que je ressens. Il était très important pour les gens de Katsina car il a amélioré la santé, l’éducation et le développement des infrastructures quand il était gouverneur. Il va beaucoup nous manquer », dit avec émotion un petit commerçant du marché proche, Mohammed Sanni, 43 ans.

Devant la grande mosquée centrale, dont la tour en torchis date du XIe siècle, un vendeur de dattes exprime lui aussi son émotion. « Je viens d’apprendre la mort de Yar’Adua, alors que je venais de mettre mes étals. Je vais fermer pour la journée pour faire le deuil de sa mort. Je suis en état de choc », confie-t-il. À l’image, sans doute, d’une grande partie de la population du Nord.

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