Société

L’Onuci se remet en question

La force de paix des Nations unies en Côte d’Ivoire va se restructurer pour mieux remplir sa mission. Celle-ci consiste à accompagner le pays dans le processus électoral, afin de clore le chapitre des troubles ouvert en 2002.  

Mis à jour le 28 mai 2010 à 10:11

Un casque bleu en Côte d’Ivoire, le 13 janvier 2009. © AFP

Devant les atermoiements des responsables ivoiriens, qui ne cessent de retarder les élections, les Nations unies ont décidé jeudi 27 mai de restructurer l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), leur force de paix sur place. Celle-ci a notamment pour mission d’accompagner le processus électoral, en garantissant le bon déroulement et la sécurité du scrutin.

Dans une résolution adoptée à l’unanimité, le Conseil de sécurité a prorogé le mandat de l’Onuci et de la force française « Licorne » jusqu’au 30 juin. Après cette date, l’Onuci –dont le mandat allait expirer lundi– sera maintenue, mais « reconfigurée » et « rationalisée ». Concrètement, les Casques Bleus seront concentrés « dans les zones considérées comme à haut risque ». Les troupes basées à Bouaké (nord), fief de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), seraient notamment renforcées.

« Dernier kilomètre de la course aux élections »

Le Conseil devrait profiter de ce délai de réflexion pour examiner les recommandations du secrétaire général Ban Ki-moon. Dans un rapport publié cette semaine, celui-ci conseille le maintien à leur niveau actuel des effectifs militaires et policiers de l’Onuci jusqu’à fin 2010, « afin de permettre à la Côte d’Ivoire de couvrir le dernier kilomètre de la course aux élections avec le plein appui des Nations unies ».

Les 8 650 membres de la force, parmi lesquels 7 392 militaires (7 200 soldats et 192 observateurs militaires), et 1 250 policiers devraient donc être maintenus. Par ailleurs, les effectifs militaires et policiers devraient être rééquilibrés au profit de ces derniers, « compte tenu de l’aggravation prévue des troubles civils et de l’augmentation des demandes de protection »  dans un contexte d’élections. Ban Ki-moon demande également 500 soldats et policiers supplémentaires « pour une période d’au moins trois mois avant et trois mois après les élections ».

Sanctionner les médias

L’ONU s’est à plusieurs reprises inquiétée des retards pris dans l’organisation d’un scrutin qui se fait attendre depuis 2005, date à laquelle s’est terminé le mandat du chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo. Cette élection doit venir clore la période de troubles née du coup d’Etat manqué des Forces nouvelles (FN) en 2002. Depuis, le pays est divisé en un sud loyaliste et un nord contrôlé par les anciens rebelles des FN.

« Le pays demeure une poudrière susceptible de prendre feu à tout moment si les causes profondes du conflit ne sont pas traitées », écrit Ban Ki-moon dans son rapport.
L’espoir était pourtant revenu à la fin de l’année 2009. Une date d’élection avait même été prévue en novembre, mais un contentieux sur les listes électorales a ravivé les tensions. La date a été abandonnée, et aucune n’autre n’a encore été fixée. Depuis, l’enregistrement des électeurs a été suspendu en raison de violences, le président a dissous en février dernier le gouvernement de Guillaume Soro (ancien chef des FN) et la Commission électorale indépendante (CEI).

Sur les recommandations du secrétaire générale des Nations unies, le Conseil de sécurité devra aussi se pencher sur la question des médias qui, selon lui, exacerbent les tensions et les rivalités. Il conseille une prise de « sanctions ciblées  à l’encontre des médias concernés ».  (avec AFP)