Droits de l’homme

Qui a tué Floribert Chebeya ?

Le président de VSV, Floribert Chebeya, le 7 avril 2005 à Bruxelles. © AFP

Le président de l’ONG La Voix des sans-voix a été retrouvé mort dans sa voiture, près de Kinshasa. Son chauffeur, également membre de l’organisation, a disparu, selon la police. Mais plusieurs ONG de défense des droits de l'homme remettent la version officielle en cause et dénoncent un "assassinat ignoble".

Actualisé le 03 juin, à 15h 05.

Depuis mardi soir, ses proches étaient inquiets. Floribert Chebeya, le président de l’organisation La Voix des sans-voix (VSV) a finalement été retrouvé mort mercredi, près de Kinshasa.

Son corps était « sans vie, allongé sur le siège arrière de (sa) voiture, apparemment sans trace visible de violence », d’après le général Jean de Dieu Oleko, inspecteur provincial de la police pour la ville de Kinshasa. Le véhicule était stationné à la sortie de Kinshasa, en direction de la province du Bas-Congo (Sud-Ouest). Le chauffeur du véhicule, qui était aussi membre de cette organisation de défense des droits de l’homme, n’a en revanche pas été retrouvé « jusque-là » a indiqué le policier. Depuis la veille au soir, Floribert Chebeya n’avait plus donné de nouvelles.

Les ONG congolaises de défense de droits de l’Homme ont aussitôt enquêté de leur côté et leur version diffère notablemment de celle de la police.   Dans un communiqué publié jeudi, elles ont dénoncé  un « assassinat ignoble » et réclamé une enquête « impartiale » aux autorités de la RDC. Selon ce collectif d’une dizaine d’ONG locales, des « témoignages » ont indiqué que Floribert Chebeya a été « retrouvé tôt (mercredi) matin sur la banquette arrière (de son) véhicule, les mains menottées derrière le dos, le pantalon et le sous-vêtement rabaissés sur les genoux ».

Le chauffeur qui accompagnait M. Chebeya aurait également été retrouvé mort jeudi matin à un autre endroit de Kinshasa, d’après ces ONG. Interrogée par l’AFP, la police n’a pas confirmé cette information.

Mystérieux rendez-vous avec l’inspection générale de la police

La VSV s’était inquiétée de la « disparition » de Floribert Chebaya dans un communiqué, publié mercredi. L’organisation indiquait que son président avait été convoqué « à un rendez-vous sollicité auprès de l’inspecteur général de la police nationale congolaise [le général John Numbi] » lors d’un appel téléphonique, dans la matinée de mardi.

Floribert Chebaya s’y était rendu avec son chauffeur mais il n’avait pas pu rencontrer l’inspecteur général, à en croire un SMS envoyé à son épouse. Il disait alors se diriger vers l’Université pédagogique nationale. Dès 21 h 15, Floribert Chebeya n’a plus répondu aux appels sur son téléphone portable et celui de son chauffeur était éteint.

Le président de la VSV avait envoyé un courrier demandant à l’inspection son « intervention pour l’humanisation des conditions carcérales ». Le 28 mai, un certain « monsieur Michel », se réclamant de « l’inspection générale de la police » s’était rendu à la VSV pour remettre un accusé de réception du courrier, d’après l’organisation.

À la suite de la double disparition, l’ONG a contacté « M. Michel » pour avoir des précisions sur le rendez-vous entre l’inspection générale et son président. L’interlocuteur « ne reconnaissait pas avoir appelé ce dernier mardi et n’était pas au courant de ce rendez-vous », précise le communiqué de la Voix des sans-voix. (avec AFP)

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