Société

Condamné pour injure raciale, Brice Hortefeux fait appel

Le ministre français de l’Intérieur a été condamné à Paris pour injure raciale. Le Parti socialiste appelle à sa démission.

Mis à jour le 4 juin 2010 à 19:19

Le jugement est plus sévère que ce que laissaient envisager les réquisitions du procureur, lequel avait réclamé la relaxe. Vendredi 4 juin, le tribunal correctionnel de Paris a condamné le ministre de l’Intérieur français Brice Hortefeux à 750 euros d’amende et à 2 000 euros de dommages et intérêts au Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), partie civile dans le dossier. Motif : injure raciale, une première sous la Ve République.

Le ministre, qui déclarait en février 2008 dans un entretien à Jeune Afrique : « Non, la France n’est pas raciste », a aussitôt fait appel. Le Mrap lui réclame donc toujours 20 000 euros de dommages et intérêts pour ses propos controversés tenus lors de l’université d’été de l’UMP, en août 2009. Filmée, la scène avait fait beaucoup de bruit sur internet. Répondant à une femme qui désignait un militant en disant : « C’est notre petit Arabe », Hortefeux lâchait : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

« Chef de clan »

Hortefeux ne pouvant « être pénalement comptable d’un propos non destiné à être entendu », selon le tribunal, celui-ci a requalifié le délit en simple contravention de 4e classe. Mais les juges ont bien confirmé que les propos du ministre, qui stigmatisaient les personnes d’origine arabe en les présentant « négativement du seul fait de leur origine », constituaient bien une injure raciale.

À l’annonce du jugement, le Parti socialiste (PS) français a appelé à la démission du ministre de l’Intérieur au nom de « l’exemplarité » républicaine prônée par le président français. « Dans la République exemplaire de Nicolas Sarkozy, il ne devrait pas y avoir de place pour un ministre condamné pour injure raciale », a déclaré le porte-parole du PS Benoît Hamon lors d’un point de presse. (…) La dignité dans cette affaire, c’est d’abord de s’excuser et ensuite de partir », a-t-il ajouté. Si le président de la République ne tire pas les conséquences de cette condamnation, il se comportera dans cette affaire comme un chef de clan ». (avec agences)