Diplomatie

Kampala recule devant Omar el-Béchir

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Le président soudanais Omar el-Béchir, le 27 mai 2010 à Khartoum.

Le président soudanais Omar el-Béchir, le 27 mai 2010 à Khartoum. © AFP

Mardi 8 juin, le ministère ougandais des Affaires étrangères a fait savoir que le président soudanais, Omar el-Béchir, serait bien convié au sommet de l’Union africaine, prévu fin juillet à Kampala. Samedi, la présidence ougandaise avait affirmé le contraire, s’attirant les foudres du Soudan.

Une « clarification ». C’est le terme pudique que la diplomatie ougandaise a employé pour tenter de masquer sa reculade quant à l’invitation du président soudanais Omar el-Béchir au sommet de l’Union africaine (UA), prévu pour la fin juillet.

Le président soudanais est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » au Darfour, mais il est soutenu par l’UA, dont la plupart des membres ont décidé de ne pas coopérer avec la justice internationale sur ce dossier.

Signataire du traité de Rome instituant la CPI et hôte de sa première conférence de révision jusqu’au 11 juin, l’Ouganda s’était d’abord rangé du côté du tribunal international, après une rencontre avec son président, M. Sang-Hung Song. Kampala avait alors signalé que le président Yoweri Museveni avait informé Omar el-Béchir qu’il ne serait pas invité.

Procédé peu diplomatique

Cette annonce avait été saluée par les organisations de défense des droits de l’homme, mais avait surtout provoqué l’ire de Khartoum. La diplomatie soudanaise avait exigé une rétractation et des « excuses publiques » de la part des autorités ougandaises, accusées d’avoir « outrepassé » leurs pouvoirs par ce refus.

Mardi, le ministère ougandais des Affaires étrangères a fait publier un communiqué apportant la « clarification », selon laquelle « le président Béchir a bien été invité au sommet de l’UA ». Interrogé par l’AFP, le porte-parole du président Museveni, Tamale Mirundi, a dû se dédire indiquant que « le communiqué des Affaires étrangères prend la préséance sur le mien ».

Cette année, il semble que la méthode peu diplomatique employée par Kampala pour écarter Béchir ait été trop maladroite pour faire effet. En 2009, l’Ouganda avait invité le président soudanais à l’occasion de deux réunions internationales, mais en lui recommandant de ne pas répondre à ces invitations en raison du mandat d’arrêt lancé contre lui. Il avait alors plié et n’était venu à aucune des réunions.

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