Défense

L’armée va devoir rendre des comptes

Le gouvernement de transition ne tolèrera aucun écart de la part de l'armée.

Le gouvernement de transition ne tolèrera aucun écart de la part de l'armée. © AFP

Le colonel guinéen Nouhou Thiam a tenu à rassurer la population. Chaque militaire soupçonné d’avoir pris part à des violences ou des tueries devra « répondre des ses actes ».

Les dirigeants guinéens sont déterminés à purger l’armée. Au cours d’une visite des casernes de la capitale Conakry, mercredi 16 juin, le chef d’état-major général de l’armée guinéenne, le colonel Nouhou Thiam s’est montré ferme. Il a indiqué qu’il livrerait sans difficulté à la justice tous les militaires guinéens impliqués dans des crimes ou des violences ou soupçonnés de crimes contre la population. « Tous ceux qui ont commis des crimes, qui ont tué des gens, que ce soit maintenant ou avant, répondront de leurs actes », a-t-il déclaré.

Il faisait notamment allusion à la journée du 28 septembre 2009, au cours de laquelle une manifestation pacifique contre la candidature de Moussa Dadis Camara avait dégénéré dans le sang. Au moins 150 militants civils avaient été massacrés au stade de Conakry. Une commission d’enquête établie par l’ONU et venue travailler sur place, avait alors mis en cause plusieurs militaires, et le capitaine Moussa Dadis Camara avait été mis au ban de la communauté internationale, accusé par la Cour pénale internationale (CPI) d’être responsable de « crime contre l’humanité ».

« Si une commission d’enquête dénonce un militaire, je le livre immédiatement. Il ira s’expliquer parce que moi, je n’ai jamais dit à quelqu’un d’aller tuer la population », a-t-il insisté. « Chacun ira expliquer pourquoi il a tué, qui lui a donné l’ordre de tuer. L’armée guinéenne ne doit pas être une armée de brigands, de voyous, une armée de pirates, mais plutôt une armée républicaine, une armée responsable parce que la Guinée est un grand pays », a poursuivi le chef de l’armée guinéenne.

Transparence

Le colonel Nouhou Thiam, par ailleurs chargé par le président par intérim Sékouba Konaté d’organiser, le 27 juin prochain, le scrutin présidentiel, a fait cette déclaration deux jours après la libération, lundi 14 juin, d’une dizaine d’officiers supérieurs, des proches de Moussa Dadis Camara. Ils ont été détenus pendant quatre jours dans les locaux de la gendarmerie et doivent « rendre des comptes » pour « clarifier » des gestions « opaques », afin de lutter contre les malversations, avait déclaré le colonel Thiam, au moment de leur arrestation.

« Au sein de l’armée guinéenne, nous sommes habitués aux malversations, nous avons accusé nos aînés de détournements, et puisque maintenant c’est la transparence, il faut rendre des comptes », avait précisé Thiam, reprenant le credo cher à Sékouba Konaté. Celui-ci se montre, depuis le début de la transition, favorable à une discipline de fer dans les rangs de l’armée, trop longtemps habituée à régner en maîtresse sur le pays.  (avec AFP)

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