Société

Double attentat à Kampala : le bilan s’alourdit

Des victimes des attentats à l'hôpital Mulago, le 11 juillet 2010 à Kampala.

Des victimes des attentats à l'hôpital Mulago, le 11 juillet 2010 à Kampala. © AFP

Un double attentat à la bombe qui a fait 74 morts selon un bilan officiel provisoire s’est produit dimanche soir dans un restaurant et un centre sportif de Kampala où était retransmise la finale de la Coupe du monde. La milice islamiste somalienne Shebab a revendiqué l'attaque. Les autorités affirment que les spectateurs du Mondial étaient visés.

Mis à jour le mardi 13 juillet à 9h10

La capitale ougandaise a été le théâtre d’un véritable massacre dimanche soir. Alors qu’ils regardaient la finale de la Coupe du monde de football, au moins 74 personnes ont été tuées et près de 70 blessées dans trois explosions d’après le gouvernement. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier commis en Afrique de l’Est depuis les attaques suicides contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et Dar-es Salaam (Tanzanie) qui avaient fait plus de 200 morts en août 1998.

Deux établissements de Kampala, un club de rugby qui diffusait le match Pays Bas-Espagne sur grand écran et le restaurant « Ethiopian Village », étaient visés. L’attaque du club de rugby, où deux bombes auraient explosé, serait la plus meurtrière d’après le site Internet de la BBC.

« Les bombes ciblaient sans aucun doute les spectateurs de la Coupe du monde », a déclaré l’inspecteur général de la police locale selon le média britannique. Il s’agirait d’attentats suicides d’après les premiers éléments de l’enquête.

Les Shebab désignés par Kampala

Ces deux établissements de la capitale ougandaise étaient connus pour être fréquentés par les étrangers. La nationalité des victimes doit être dévoilée ultérieurement, mais l’ambassade des Etats-Unis a déjà fait savoir qu’un ressortissant américain était parmi les victimes. Le président Barack Obama a qualifié les explosions de « lamentables et lâches ».

Les autorités ougandaises ont immédiatement désigné la milice islamiste somalienne Shebab comme le possible auteur de l’attaque. Ce groupe lié à la nébuleuse d’Al-Qaïda avait menacé l’Ouganda et le Burundi, deux pays qui participent à parts égales à la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom), composée d’environ 5 000 hommes et férocement combattue par les Shebab en Somalie.

Le mouvement a revendiqué l’attentat par la voix d’un de ses porte-parole, Ali Mouhamoud Rage. « Nous sommes derrière cette attaque car nous sommes en guerre avec [les Ougandais] » a-t-il déclaré à la presse à Mogadiscio lundi.

L’Éthiopie visée

Les attentats semblent viser principalement les ennemis des Shebab dont l’Éthiopie qui est l’un des principaux soutiens du gouvernement par intérim. Son armée avait occupé le pays pendant plus de deux ans, jusqu’au début de l’année 2009, luttant notamment contre les milices islamistes.

Si la responsabilité des Shebab était confirmée, il s’agirait du premier attentat à l’étranger de l’organisation.

Le président somalien Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, a qualifié l’attentat de « diabolique ». Ramtane Lamamra, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, a pour sa part condamné « dans les termes les plus forts » l’attaque.

Six membres est-africains de l’organisation panafricaine avaient récemment décidé de renforcer l’Amisom de 2 000 hommes. C’est à Kampala que doit se tenir le prochain sommet de l’Union africaine fin juillet, dans des conditions de sécurité qui seront probablement renforcées.

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