Défense

Attentats de Kampala : Museveni veut prendre sa revanche

Des soldats ougandais de l'Amisom, en 2009 à Mogadiscio.

Des soldats ougandais de l'Amisom, en 2009 à Mogadiscio. © AFP

Le président ougandais s’est montré particulièrement agressif envers la milice shebab, qui a revendiqué les attentats de dimanche soir à Kampala. Yoweri Museveni veut envoyer davantage de soldats en Somalie et réclame un changement de mandat des troupes de l’Amisom pour « passer à l’offensive ».

Si l’objectif des Shebab était de décourager les Ougandais d’intervenir en Somalie, leurs attentats paraissent aujourd’hui contreproductifs.

Quatre jours après le double attentat de Kampala, qui a coûté la vie à 73 personnes d’après un dernier bilan (certaines victimes ont été comptées deux fois d’après les autorités), le président Ougandais Yoweri Museveni a annoncé vouloir « écraser » la milice islamiste somalienne.

Au risque de s’enliser un peu plus dans le bourbier somalien, le chef de l’État ougandais, habitué aux déclarations martiales, a dit sa volonté d’envoyer jusqu’à 20 000 hommes, d’après le site Internet de la BBC. Comptant sur les efforts d’autres pays, il s’est dit « optimiste sur le fait que ces chiffres soient atteints […] parce que ces gens ont provoqué le monde encore plus auparavant ».

« Nous allons passer à l’offensive »

Yoweri Museveni veut aussi changer le mandat de l’Amisom, pour qu’elle puisse aller au-delà de son rôle défensif. « Nous n’étions à Mogadiscio que pour garder l’aéroport et le palais présidentiel. C’est tout ! », déplore-t-il. « Nous allons passer à l’offensive et retrouver ceux qui ont fait ça dans toutes les zones, en commençant par ici », a-t-il menacé.

Peut-être moins belliqueuse que son président, l’armée ougandaise s’est déclarée prête à envoyer 2 000 nouveaux soldats pour renforcer la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

L’Ouganda est déjà le principal contributeur de l’Amisom avec environ 3 500 hommes (le Burundi en a envoyé 2 500). Les pays de l’Autorité intergouvernementale pour le développement* (Igad) s’étaient déjà engagés à renforcer l’Amisom, pour la porter à 8 000 hommes, avant le double attentat de dimanche. La répartition de l’effort entre les membres n’avait toutefois pas été déterminée.

« Nous sommes capables de fournir la force demandée, si les autres pays ne le peuvent pas », a assuré jeudi le porte-parole de l’armée ougandaise, le lieutenant-colonel Felix Kulayigye. « Je dois dire, cependant, que j’estime qu’il serait approprié que d’autres pays contribuent », a-t-il nuancé.

De son côté, le chef des Shebab, Mohamed Abdi Godane, a menacé de mener de nouvelles attaques, quelques jours avant le sommet de l’Union africaine (UA) à Kampala.

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* Outre la Somalie, l’Igad rassemble Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, le Soudan et l’Ouganda.

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