Politique

Un second tour Cellou Dalein Diallo – Alpha Condé confirmé

Mis à jour le 21 juillet 2010 à 09:40

La Cour suprême de Guinée a proclamé les résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle du 27 juin mardi soir aux environs de 20 heures. Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé restent en tête.

Le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo conserve la première place avec une avance encore plus confortable puisque son score a été revu à la hausse : 43,63 % des suffrages contre 39,72, selon la Commission nationale électorale indépendante (Ceni).

Alpha Condé est toujours en deuxième position, mais en léger recul : 18,25 % des voix contre 20,67 auparavant. Le leader du Rassemblement pour le peuple de Guinée (RPG), qui revient d’un court séjour en France, se trouvait à Dakar au moment de l’annonce des résultats. Son retour à Conakry est prévu mercredi.

Invalidation des suffrages dans cinq communes

Le taux de participation de 77 % annoncé par la Ceni a chuté à 52 %. Autre fait marquant : l’invalidation des suffrages dans deux grandes communes de Conakry, Matam et Ratoma (fief de l’UFDG), ainsi que dans trois villes importantes, Kankan et Mandiana en Haute-Guinée (fief du RPG) et à Lola, en Guinée-Forestière. La Cour suprême dit n’avoir pas reçu les procès-verbaux de ces circonscriptions.

Moins de 48 heures après le scrutin, l’UFDG avait été la première formation à dénoncer fraudes et irrégularités, mais elle a finalement renoncé à présenter des recours, préférant envoyer un mémo pour ne pas « remettre en cause un processus important malgré des imperfections inévitables dans une élection », explique sa cellule de communication.

Sidya Touré, le candidat de l’Union des forces républicaines (UFR) qui revendiquait la seconde place a perdu deux points. Son score, selon la Cour suprême, est de 13,062 % contre 15,60. Celle-ci a néanmoins jugé « bien fondés » ses recours.

Au total 15 partis en avaient déposés. Dix ont été déboutés. Peu avant la publication des chiffres définitifs, un cadre de l’UFR interrogé par jeuneafrique.com avait déclaré que Touré s’en tiendrait à la décision de la Cour suprême. L’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), conserve la quatrième place avec 7,04 % contre 7,75.  Pas de changement de position non plus pour le proche du capitaine Moussa Dadis Camara, Papa Koly Kourouma du Rassemblement pour la défense de la république (RDR) qui franchit la barre des 5 % et reste cinquième.

La date du second tour attendue

Alors que les candidats malheureux annonceront dans les prochains jours leur éventuel soutien à Cellou Dalein Diallo ou à Alpha Condé, la Guinée est maintenant dans l’attente de la date du second tour. Selon les textes, il doit se tenir quinze jours après la proclamation des résultats définitifs. Mais des sources concordantes estiment qu’un report de quelques semaines est possible, notamment pour permettre notamment la formation des agents de la Commission électorale nationale indépendante, et ainsi éviter les manquements constatés le 27 juin.

La proclamation des résultats par la Cour suprême est intervenue dans un climat de suspicion. Samedi dernier, le général Ibrahima Baldé, commandant de la Force spéciale de sécurisation du processus électoral (Fossepel), avait révélé l’existence de complots visant à éliminer les leaders politiques et les avait ainsi appelés à la « vigilance ». La veille, le Premier ministre Jean-Marie Doré, avait pour sa part dénoncé la présence « d’éléments incontrôlés qui pour des raisons qui leur sont propres (…) se réunissent clandestinement pour se former, s’entraîner et profiter des manifestations publiques pour provoquer des désordres et tenter de déstabiliser le processus en cours », tandis que plusieurs sources faisaient état d’arrestations au sein de l’armée. Le président de la transition, le général Sékouba Konaté, a lui même, à plusieurs reprises, mis en garde les « comploteurs ».