Politique

Nord-Kivu : plus de 90 000 nouveaux déplacés à cause des combats

Mis à jour le 29 juillet 2010 à 09:15

Selon l’ONU, l’offensive de l’armée congolaise contre des rebelles ougandais dans la province du Nord-Kivu ne provoque pour l’instant qu’un seul résultat concret : le déplacement de dizaines de milliers de civils.

Preuve que les populations civiles demeurent les principales victimes des combats en RD Congo, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a annoncé mercredi 28 juillet avoir enregistré 90 000 nouveaux déplacés dans le territoire de Beni. En cause, selon l’ONU : l’offensive menée depuis fin juin par les Forces armées de RD Congo (FARDC) contre des rebelles de l’armée de libération de l’Ouganda (ADF/NALU), dans la province du Nord-Kivu (est). Une opération différente de celle menée en coopération avec la Monuc contre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Plus de la moitié des personnes déplacées vivent à Oicha, localité située à plus de 300 km au nord de Goma, capitale du Nord-Kivu. Oxfam Grande-Bretagne vient d’y aménager trois puits d’une capacité de 45 m3 pour l’approvisionnement en eau potable et augmente également la capacité en latrines des sites publics. « Au cours de cette semaine, 60 des 100 latrines prévues seront apprêtées. Cela permettra de préserver celles des écoles en prévision de la rentrée scolaire » de septembre prochain, précise le communiqué de l’Ocha.

Négociations avortées

Si elle provoque la peur des populations civiles, qui craignent les soldats de l’armée régulière, l’offensive lancée le 24 juin contre des rebelles ougandais reste inopérante. L’ADF (rebelles) avait combattu l’armée ougandaise dans la région de Ruwenzori, non loin de la frontière avec l’Ouganda, surtout entre 1996 et 2001, au nom de l’égalité des droits pour les musulmans ougandais. À plusieurs reprises depuis fin 2008, cette rébellion avait même tenté d’entrer en négociations avec Kampala. Mais le pouvoir ougandais avait rejeté cette offre, en mettant en doute sa sincérité. (Avec AFP)