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Cet article est issu du dossier «Le sacre de Paul Kagamé»

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Droits de l’homme

Reporters sans frontières accuse Kigali de « verrouiller la presse »

Le logo de RSF. © AFP

L'ONG de défense de la liberté de la presse et des droits des journalistes réagit de manière virulente  à la récente décision de Kigali d'interdire une trentaine de médias. À quelques jours de la présidentielle du 9 août, à laquelle le président Paul Kagamé est pourtant le grandissime favori.

Comme à son habitude, l’organisation de défense de la liberté de presse Reporters sans frontières (RSF) n’a pas pris de gants pour dénoncer ce qu’elle estime être « des exactions contre la presse » qui « s’intensifient à l’approche du scrutin » présidentiel, prévu le 9 août. Dans un communiqué publié le 3 août, l’ONG dénonce les « emprisonnements de journalistes, la fermeture de médias, l’assassinat d’un rédacteur en chef il y a un mois [Jean-Léonard Rugambage, NDLR] », ainsi que la suspension d’une trentaine de médias.

« À une semaine de l’élection présidentielle, le pouvoir rwandais montre de manière flagrante son refus de se soumettre au jeu démocratique », estime RSF dans un communiqué transmis à l’AFP. « La dernière initiative liberticide remonte au 26 juillet, lorsque le Haut Conseil des médias, organe de régulation rwandais, a annoncé sa décision de suspendre une trentaine d’organes de presse », souligne RSF.

Non conformité à la loi

Le Haut Conseil des médias avait alors publié la liste des 19 radios et des 22 journaux reconnus par le pouvoir et « remplissant les conditions de diffusion et d’émission prévues par la loi régissant les médias du 12 août 2009 ».

« Les plus grands journaux du pays, tels qu’Umuseso, Umuvugizi, Umurabyo, et plusieurs radios, parmi lesquelles Voice of Africa Rwanda (la radio des musulmans) et Voice of America, sont ainsi rayés du paysage médiatique », écrit RSF qui affirme que les mesures du Haut Conseil « sont destinées à verrouiller la presse et à empêcher les journalistes de jouer le rôle qui leur incombe, à savoir celui d’observateurs indépendants et impartiaux du processus électoral ».

Selon le Haut Conseil rwandais des médias, les journaux ne pourront pas reparaître tant qu’ils ne se seront pas conformés à la loi. Les radios, quant à elles, ont jusqu’à la fin de la semaine pour rassembler les documents nécessaires.

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