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Cet article est issu du dossier «Indépendances : cha-cha ou blabla ?»

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Culture

Humour en série #5 : Gustave Akakpo

Gustave Akakpo, en scène avec "Chiche l'Afrique".

Gustave Akakpo, en scène avec "Chiche l'Afrique". © Éric Legrand

Le cinquantenaire des indépendances interpelle aussi les artistes. Pour célébrer l’événement à leur manière, des humoristes d’origine africaine ont proposé à jeuneafrique.com de petits sketchs en vidéo. Le Togolais Gustave Akakpo s’est mis pour nous dans la peau de d’autocrates africains et de chantres de la Françafrique…

Cela fait dix ans qu’il n’est pas remonté sur scène. Dix années passées à écrire, conter, raconter, illustrer, à œuvrer dans tant de domaines littéraires différents qu’on peine à décrire précisément son activité artistique. Gustave Akakpo est-il écrivain, humoriste, animateur d’ateliers culturels ? Un peu tout cela sans doute, mais aujourd’hui c’est le comédien que nous rencontrons.

Auteur associé au théâtre du Tarmac de la Villette, il vient d’écrire Chiche l’Afrique avec l’aide du metteur en scène Thierry Blanc. Joué pendant le Festival « Sautes d’Humour », la pièce aborde le thème des indépendances africaines avec une ironie débridée et une provocation percutante. « Le sujet des indépendances m’ennuyait. Certains États ont de quoi être fiers de ce qu’ils ont fait en cinquante ans. Mais pour beaucoup d’autres, les célébrations se résument surtout à une fête donnée par le président pour ses copains. Le peuple, lui, n’a rien à fêter. »

Dérives autocratiques

Ce Togolais de 36 ans a décidé de célébrer le cinquantenaire des indépendances à sa manière, en détournant l’événement pour faire un état des lieux du chemin qu’il reste à parcourir. Son spectacle prend l’allure d’une revue de presse qui « déraille » avec, en guise de présentateurs, des figures politiques fortes. Omar Bongo, Paul Biya, Jacques Foccart ou encore Nicolas Sarkozy se passent leurs fiches et dissertent sur l’Afrique. A chaque réplique, une allusion, une réflexion ou un mot déplacé des « personnages » permettent de pointer les dérives autocratiques du continent ou les relations ambigües entretenues par certains pouvoirs avec l’ancien colon.

« L’indépendance énergétique française, qu’est-ce que c’est ? nous demande par exemple le président français, imité avec ses mimiques caractéristiques. C’est Areva qui pompe l’uranium au Niger. L’uranium est français, et les problèmes de santé et d’environnement sont nigériens : c’est ça, aussi, l’indépendance de l’Afrique ! »

 

 

« Tout est politique »

Malgré le ton volontiers accusateur de ses propos, Gustave Akakpo refuse l’étiquette d’« artiste engagé ». Plutôt que d’asséner des vérités ou de livrer des messages, il préfère, dit-il, poser des questions. « Notre monde est tellement sous Lexomil [un calmant, NDLR] que dès qu’on prend position, on nous prend pour un militant », regrette-t-il.

Des convictions, oui… De l’arrogance, non, semble dire Akakpo qui reconnaît qu’il est plus facile de critiquer et de débattre sur l’Afrique en vivant en France plutôt qu’au Togo. Une « relative protection » qui lui permet de mettre les pieds dans le plat des non-dits… D’autant plus qu’avec lui, assure-t-il, « tout est politique ! »

Gustave Akakpo reprendra Chiche l’Afrique à Biarritz le 15 octobre et espère pouvoir le présenter bientôt sur le continent.

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