Politique

Quand Abdoulaye contredit Wade

Le président Abdoulaye Wade, le 27 juillet 2010.

Le président Abdoulaye Wade, le 27 juillet 2010. © AFP

La presse sénégalaise a exhumé un enregistrement d’Abdoulaye Wade datant de 2007, dans lequel il déclarait « impossible » toute nouvelle candidature de sa part.

Voilà une archive que le président sénégalais aurait bien aimé oublier. En plein débat sur la constitutionnalité d’une nouvelle candidature d’Abdoulaye Wade à la magistrature suprême en 2012, un enregistrement du président au cours d’une rencontre avec la presse, alors qu’il venait d’être réélu, vient contredire l’argumentation de son camp.

« Je ne peux pas me représenter »

Sur cette bande son de très mauvaise qualité, on peut distinguer le président Abdoulaye Wade déclarer « impossible » une nouvelle candidature de sa part car il avait « bloqué » le nombre de mandat. « Je ne peux pas me représenter », concluait-il en réponse à un journaliste lors de cette conférence de presse le 1er mars 2007.

Le président sénégalais a annoncé son intention de se représenter lors de la présidentielle de 2012, suscitant l’émoi de l’opposition. Selon la Constitution sénégalaise, un président ne peut effectuer que deux mandats consécutifs.

Cette disposition n’avait été introduite qu’en 2001, après la première élection d’Abdoulaye Wade. Selon le Parti démocratique sénégalais (PDS, parti présidentiel) le décompte des mandats ne doit débuter qu’en 2007, ce qui permettrait à Abdoulaye Wade de se représenter. D’après cet enregistrement, le président n’était donc pas de cet avis il y a deux ans…

Mais depuis, les dispositions concernant le mandat présidentiel ont été à nouveau modifiées, avec notamment la restauration du septennat en 2008.

Le nouveau président du Conseil constitutionnel, Cheikh Tidiane Diakhaté, pourrait être amené à trancher la question. Mais cet ancien président de la Cour d’appel est, selon l’opposition, un proche d’Abdoulaye Wade. D’ailleurs, le Parti socialiste (PS) a qualifié sa nomination de « grave lacune qui, à elle seule déjà, est grosse d’hypothèque sur la garantie d’une bonne administration de la justice ».

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