Sport

Ramadan : la méthode Lechantre

Pierre Lechantre est passé du Club africain de Tunis au Club sportif sfaxien (CSS) en 2010. © D.R.

Pierre Lechantre a tranché. L’entraîneur du Sfax (Club sportif sfaxien, CSS, 1e division tunisienne) ne compte que sur les joueurs qui ne respectent pas le jeûne du ramadan. Les autres ont été mis au repos.

« Je m’attendais à des réactions un peu plus sévères. Mais finalement, mon initiative a plutôt bien été perçue… » Le jeûne qu’impose le ramadan s’accommode mal avec la pratique du sport de haut niveau. À Sfax, le club qu’il dirige depuis le mois de juin dernier, tous les joueurs sont croyants.

Et certains (Rouid, Ben Salah et le Sénégalais Touré) n’imaginent pas déroger au jeûne, l’un des cinq piliers de l’islam. « Ils ont décidé de ne pas s’alimenter normalement même le jour d’un match. Je respecte leur volonté, mais je ne veux pas non plus pénaliser mon équipe car ils sont forcément diminués physiquement. J’ai donc pris la décision de ne pas les faire jouer. Et personne ne s’est vraiment offusqué. »

« Le jeu va à 2 à l’heure »

Les trois joueurs ont suivi la victoire obtenue le week-end dernier face à CA Bizerte (1-0) depuis les tribunes. Et pour s’assurer que les autres joueurs s’alimenteraient normalement avant cette rencontre, Lechantre avait organisé un stage bloqué.

« Le président du club a demandé aux joueurs de reporter les journées de  jeûne après le ramadan, comme le Coran l’autorise. La plupart le font. Et j’organise mes entraînements vers 22h30. Mais jouer en plein après-midi par 40° au soleil avec des joueurs qui s’alimentent à des horaires particuliers, c’est compliqué. Au moins, quand nous sommes en déplacement, c’est plus facile, car le Coran permet de s’alimenter normalement. »

Cinq buts ont été inscrits lors de la dernière journée du championnat tunisien. « Ce n’est pas un hasard. Le jeu va à 2 à l’heure. On se croirait revenu aux années cinquante », s’amuse l’entraîneur français. Dernière bouderie : « La fin du ramadan (9 septembre) va coïncider avec un déplacement en Zambie pour la Coupe de la CAF (Confédération africaine de football). Les joueurs font un peu la gueule, car c’est un moment qu’ils aiment partager avec famille et amis. Je comprends leur déception, mais c’est le calendrier sportif qui décide… »

 

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte