Politique

Jean-Pierre Fabre accuse la police de vouloir l’éliminer

Les incidents se multiplient pendant les traditionnelles marches de l’opposition, qui ont lieu tous les samedis contre la « victoire volée » de Faure Gnassingbé à la dernière présidentielle. Cette fois, une grenade lacrymogène a fait exploser le pare-brise du véhicule de Jean-Pierre Fabre, qui accuse la police d’avoir voulu attenter à sa vie.

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Mis à jour le 30 août 2010 à 08:00

Jean-Pierre Fabre au cours d’un meeting à Lomé, en mars 2010. © Jean-Claude Abalo, pour J.A.

Le candidat malheureux à la présidentielle togolaise et député du groupe parlementaire de l’Union des forces de changement (UFC) ne renonce pas. Le pouvoir ne reconnaissant pas sa légitimité – son parti étant scindée entre la branche de Gilchrist Olympio, « officielle », et la sienne -, Jean-Pierre Fabre contourne ce problème en faisant organiser ses manifestations par des partis alliés.

Ainsi, la marche de protestation du samedi s’est faite au nom de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (Addi) et du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), deux partis légalement constitués et membres de la coalition d’opposition du Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac).

Mais depuis la tenue des congrès de l’UFC, début août (tendance Fabre d’une part, et Olympio d’autre part), la répression des manifestations se durcit considérablement. Les grenades lacrymogènes pleuvent littéralement, ce qui obligent la plupart du temps les militants à rebrousser chemin. Elles sont même parfois tirées à bout portant contre des manifestants. Une mésaventure arrivée à Jean-Pierre Fabre, qui ne croit pas au hasard.

La voiture accidentée de jean-Pierre Fabre.

© Jean-Claude Abalo, pour J.A.

« Je suis prêt pour le sacrifice suprême »

« Un soldat a tiré une grenade qui a fait exploser la vitre de ma voiture », raconte-t-il. « Il y a manifestement eu volonté de me tuer. On ne peut pas tirer une grenade lacrymogène à bout portant sur un véhicule. Il y a deux semaines, ils m’ont poursuivi avec des gaz lacrymogènes et ont tiré sur mon véhicule. Ceci est très grave et révélateur du niveau de violence atteint par le régime, qui est maintenant forcé de tuer les responsables politiques et d’en finir avec le processus de démocratisation », a accusé Fabre au cours d’une conférence de presse organisée juste après l’incident.

« Nous manifesterons tous les mercredis et samedis, poursuit le leader du Frac. Je sais qu’ils veulent m’abattre. Je suis prêt pour le sacrifice suprême. (…) Ils ne réussiront pas à m’intimider. Je protesterai contre l’usage d’un fusil qui tire des grenades lacrymogènes sur le véhicule d’un député », a-t-il assuré, ajoutant que ce n’était « pas par hasard [qu’il circulait] dans un véhicule de l’Assemblée nationale ».

Selon le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le pare-brise du véhicule de Fabre a été cassé par les projectiles de l’un de ses « partisans agités », qui visait les forces de l’ordre.