Société

Important détournement de fonds au ministère de la Santé

Une enquête de l’inspection générale du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a mis au jour d’importants détournements d’argent public au Mali. Ils concerneraient plusieurs milliards de francs CFA, selon une source diplomatique.

Mis à jour le 6 septembre 2010 à 18:53

Plus d’une dizaine de personnes ont été arrêtées au Mali dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds d’après des sources policières et judiciaires concordantes.

« L’utilisation du Fonds mondial domicilié au ministère de la Santé a donné lieu à des malversations », a déclaré Sombé Théra, le procureur du pôle économique et financier de Bamako lundi.

Ces accusations se fondent sur un rapport d’enquête de l’inspection générale du Fonds mondial (dont les enquêteurs ont été envoyés sur place), qui comprendrait 55 000 documents d’après le magistrat.

"C’est énorme"

D’après lui, la découverte des fraudes s’est faite en deux étapes. « Dans un premier temps, ces malversations (essentiellement des falsifications de chèques) portaient sur plusieurs centaines de millions de francs CFA, a-t-il déclaré. Mais les enquêtes, par la suite, ont montré que les malversations étaient plus grandes. »

Un diplomate d’une institution des Nations unies basée à Bamako s’exprimant sous couvert d’anonymat, et qui affirme disposer du rapport a évoqué le chiffre de « plusieurs milliards de francs CFA ».

« Des médicaments censés être sur le terrain ne le sont pas. Il y a eu surfacturation, c’est énorme ! », s’est-il étonné.

« Dans un premier temps, il y a eu moins de 200 millions de francs CFA (environ 300 000 euros) mal gérés et cette somme a été remboursée par le ministère de la Santé. Mais aujourd’hui, avec le rapport que nous avons en main, on peut parler de quelques milliards de CFA. »

D’après une source gouvernementale s’exprimant sous couvert d’anonymat, l’exécutif menace déjà d’être « très sévère » envers les auteurs du détournement. En plus des personnes arrêtées, d’autres suspects sont sous le coup d’une interdiction de quitter le Mali. Le ministre de la Santé, Ibrahim Oumar Touré, qui a été entendu par les enquêteurs et qui aurait été reçu par Koulouba la semaine dernière, pourrait démissionner tant sa situation est devenue délicate.
(avec AFP)