Société

Palabres sur la pharmacovigilance à Lomé

Des experts et professionnels de la santé discutent depuis lundi à Lomé de la pharmacovigilance dans le cadre de leur 4e réunion annuelle.

Par
Mis à jour le 8 septembre 2010 à 18:57

Pour sa première au Togo, cette initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) va permettre aux professionnels de 12 pays africains de mieux organiser le secteur de la pharmacie dans ces pays où la qualité des produits est de plus en plus une préoccupation pour la santé publique.

« L’idée est de revisiter les méthodes internationales de surveillance de médicaments, le contrôle de leur qualité, la gestion des risques et l’utilisation raisonnable de ces médicaments dans le but de garantir une santé saine aux populations », a expliqué à Jeuneafrique.com, l’une des initiatrices de cette rencontre Edinam Agbénu, docteur en pharmacologie. 

Elle ajoute : « Cette nouvelle approche s’est développée au cours de ces dernières années et s’intéresse à la surveillance des effets indésirables que peuvent entraîner les produits pharmaceutiques chez les utilisateurs. »

Industrie dangereuse en plein essor

Selon les professionnels de la santé, l’Afrique est devenue le champ d’expérimentation des produits pharmaceutiques qui y sont introduits par des circuits douteux, et souvent sans contrôle sur la qualité des produits. Ils ont pris l’exemple des campagnes d’éradication de certains fléaux comme la pandémie du sida, et ont critiqué le fait qu’elles soient une occasion pour des industries pharmaceutiques d’« expérimenter clandestinement leurs vaccins ».

Pour l’OMS, un médicament contrefait est un « produit dont la composition et les principes actifs ne répondent pas aux normes scientifiques. Il est par conséquent inefficace et souvent dangereux pour le patient ». Or la contrefaçon prend des formes très diverses. Et elle peut concerner aussi bien des produits de marque que des produits génériques.

C’est une entreprise très lucrative, qui ne demande pas de logistique importante. Pas besoin de grands établissements pour ce marché très juteux et en pleine expansion.
« On peut produire de faux médicaments à des coûts peu élevés. Souvent, il suffit d’un simple entrepôt désaffecté ou même d’une arrière-boutique pour se lancer dans la fabrication artisanale de ces copies dont la vente, elle, se fait dans les marchés et à la sauvette au bord des routes », déplore un expert de l’OMS présent à cette réunion de Lomé. L’institution onusienne en charge de la santé estime d’ailleurs que 40 % des médicaments contrefaits sont écoulés dans les pays sous-développés.

Une situation qui a motivé des saisies de produits contrefaits par les services compétents dans plusieurs pays du continent. C’est dire toute l’ampleur du problème dans des États où les réglementations pharmaceutiques ne sont pas assez strictes et l’approvisionnement en médicaments de base, insuffisant. À cause de leurs prix parfois trop élevés, les médicaments de pharmacie sont de plus en plus délaissés au profit de ceux qui se vendent dans les rues.

De vives discussions en cours donc !