Diplomatie

Quand Mandela s’emportait contre Blair

Nelson Mandela lors de son 91e anniversaire, en juillet 2009. © AFP

Une biographie de Nelson Mandela écrite par un ancien membre du gouvernement de Tony Blair, révèle un coup de sang du leader sud-africain contre le Premier ministre britannique en 2003 après le choix de celui-ci de se joindre à l'invasion de l'Irak. Madiba aurait mis en garde contre les "immenses dégâts" que sa décision allait causer dans le monde.

Cet épisode surprend quand on connaît le calme légendaire Nelson Mandela. Mais celui qui le révèle dans une biographie publiée lundi 13 septembre est particulièrement bien placé pour en parler.

En 2003, le Britannique Peter Hain, un ancien militant anti-apartheid qui a grandi en Afrique du Sud – et qui dit connaître personnellement Madiba -, était alors secrétaire d’État pour le Pays de Galles au cabinet de Tony Blair. Son Premier ministre venait de prendre la décision d’envahir l’Irak aux côtés de George W. Bush, quand il reçut un terrible appel de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela.

« Je n’avais jamais entendu Nelson Mandela si furieux et frustré », narre-t-il dans la biographie qu’il lui consacre, Mandela : The Story of a Universal Hero (Mandela : L’Histoire d’un héros universel), et qui paraît en anglais ce lundi 13 septembre aux éditions Spruce, avec un hommage de Tony Blair.

« Il m’a dit : “C’est une grosse erreur, Peter, une très grosse erreur. Ce n’est pas bon.” », raconte l’ancien secrétaire d’État.

Trahison

D’après son biographe, Mandela était d’autant plus déçu qu’il admirait le Premier ministre britannique et, en particulier, son action en Afrique. Visionnaire, Mandela aurait anticipé les conséquences de cette décision : « Il m’a dit que ça détruirait toutes les bonnes choses et la politique progressiste que Tony Blair et nous, en tant que gouvernement, avions menées à travers le monde. »

« Pourquoi Tony fait-il ça après tout son soutien à l’Afrique ? Cela va causer d’immenses dégâts dans le monde », aurait ajouté Madiba.

« Je connais très bien Mandela. Il était quasiment agressif au bout de la ligne et il se sentait trahi. C’était très frappant », affirme le biographe. 

Peter Hain lui aurait répondu que Tony Blair « agissait du fait de ses convictions ». Des convictions que l’ancien Premier ministre britannique a gardées intactes, et réaffirmées dans ses Mémoires publiés le 1er septembre.

En 2003, Mandela s’était publiquement opposé à l’invasion de l’Irak. Ses déclarations laissaient alors sentir que Tony Blair était tombé bien bas dans son estime. Il l’avait désigné par le titre peu flatteur de « ministre des affaires étrangères des États-Unis ».
 

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