Culture

Rachid Bouchareb accusé de contrefaçon pour « Hors la loi »

Le dernier film de Rachid Bouchareb sur la guerre d’Algérie est visé par une plainte pour contrefaçon de deux scénaristes. L’avocat du réalisateur réfute ces accusations et dénonce une « procédure abusive ».  

Mis à jour le 16 septembre 2010 à 15:31

Détail de l’affiche du film © StudioCanal

Pas encore sorti en salle et déjà deux polémiques à son actif. Le script du film Hors la loi du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, s’inspirerait largement d’un scénario écrit par Farid Afiri et Philippe Roques, d’après ces derniers. Ils ont décidé de porter l’affaire en justice.
 
Hors la loi, qui doit sortir en France le 22 septembre, suit le destin de trois frères algériens, de la fin des années 1930 à l’indépendance de 1962 en passant par la guerre d’Algérie.
Selon Farid Afiri, il y a des similitudes entre son projet intitulé Sparring Partners et celui du film de Rachid Bouchareb. Le script de Farid Afiri et Philippes Roques, raconte l’histoire deux partenaires d’entraînement d’un club de boxe en Algérie. Au déclenchement de la guerre, l’un est harki et l’autre rejoint le clan du FLN. Des années plus tard, les deux amis, devenus adversaires, se retrouveront en France et s’opposeront sur le ring. 
 
Scénario envoyé à Bouchareb
 
Le thème de la boxe est aussi présent dans le film de Bouchareb : Saïd (interprété par Jamel Debbouze), un des trois frères, travaille dans le milieu de la boxe dans le quartier de Pigalle, à Paris.
 
Les deux scénaristes affirment avoir envoyé une première version de leur texte à la société 3B Productions, dirigée par Rachid Bouchareb et Jean Bréhat (le producteur de Hors la loi) en mai 2006. Ils auraient présenté une autre mouture du même scénario devant deux commissions du Centre national du cinéma (CNC) français dans lesquelles siègeait Jean Bréhat. 
 
Farid Afiri et Philippe Roques ont porté l’affaire en justice en juillet. L’audience en contrefaçon se tiendra le 12 octobre devant le tribunal de Paris. Ils réclament 750 000 euros chacun, ainsi que l’interdiction du film. 
 
Les deux scénaristes affirment avoir recensé 70 « similitudes frappantes et incontestables » entre leur projet et le film.
Dans les deux oeuvres, le héros assiste, enfant, à la mort de son père, il est amateur de boxe et, devenu coach en France, il entraîne le meilleur poulain du gymnase, avant de le mener à une finale pour le titre de champion de France.
 
Rapprochements inexistants
 
Rachid Bouchareb et son coscénariste Olivier Lorelle sont « indignés » par ces accusations, a affirmé leur avocat Me Laurent Merlet, qui dénonce une « procédure abusive ». 
 
« Les parallèles sont totalement inventés et n’existent pas dans le film », proteste-t-il citant par exemple la mort du père du héro, recensé par Afiri et Roques. Dans leur script, affirme l’avocat, le père alcoolique est tué à la sortie d’un café, heurté par un camion, alors que dans le film, le fils découvre que son père et ses soeurs ont été assassinés durant les événements de Sétif.
 
D’après, Anne Boissard, l’avocate de StudioCanal, coproducteur du film, le sujet est traité « de manière radicalement différente » dans les deux oeuvres. Le thème de la boxe appartient à l’histoire affirme-t-elle car « beaucoup de boxeurs algériens ont dû renoncer à la boxe en raison de pressions du FLN ». (avec AFP)
 
Voir la bande-annonce du film
 
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