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Polémique sur la mort de civils durant l’opération mauritanienne contre Aqmi

Vue aérienne des zones au Nord de Tombouctou. © Reuters

Les combats de dimanche au Nord de Tombouctou contre Aqmi, dans lesquels un avion mauritanien était engagé, ont fait plusieurs morts, dont deux femmes. Simple "dommage collatéral" ou vraie bavure ?

Après une pause samedi soir, les combats entre l’armée mauritanienne et Aqmi ont repris dimanche dans le Nord du Mali, où Nouakchott avait dépêché un avion. « Trois véhicules transportant des terroristes » ont été détruits au cours du raid, a affirmé à l’AFP un responsable militaire mauritanien, qui a fait état de plusieurs victimes, dont une femme présentée comme « l’épouse d’un terroriste ».

Mais au nord-ouest de Tombouctou (nord du Mali), des témoins de l’assaut ont affirmé que deux femmes avaient trouvé la mort. « Je suis actuellement à l’hôpital de Tombouctou. Deux femmes de notre région sont mortes et quatre hommes sont blessés, après les tirs d’un avion mauritanien ce matin sur leur véhicule », a affirmé Mohamed Lamine Ould Sidate, maire de la localité de Ber (60 km au nord de Tombouctou).

Sur RFI, celui-ci témoigne : « L’aviation mauritanienne est passée et a tiré une rafale. Le chauffeur dit que quand il a eu la première rafale, il s’est arrêté et que les gens sont descendus. L’avion a alors fait demi-tour et les a pris pour cible une deuxième fois. Deux femmes sont mortes. La petite a eu les pieds amputés et elle a fini par succomber à ses blessures à l’hôpital. Elle avait onze ans. Sa mère aussi est décédée. Une autre femme a été blessée au niveau des cuisses… » Un employé de l’hôpital a, lui aussi, confirmé la mort  « par impacts de balles » des deux civiles, dont une mineure.

« Guerre sainte contre les terroristes »

Pour l’instant, on ne sait pas si les tirs mauritaniens constituent une bavure militaire ou non. Mais ils ont immédiatement fait naître un début de polémique à Bamako. « Je condamne la mort de civils qui ne doivent en aucun cas être pris pour cible », a déclaré dans la soirée le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale du Mali et député de Gao, Assarid Ag Imbarca-Wane.

Selon Nouakchott, l’offensive de ce week-end était destinée à « anticiper des intentions criminelles » d’Aqmi et n’a aucun rapport avec l’affaire des sept otages enlevés au Niger, qui se trouveraient actuellement dans une zone montagneuse du nord-est du Mali. Le président du parti au pouvoir, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, a appelé dimanche soir tous les Mauritaniens à soutenir leur armée, engagée dans « une guerre sainte contre les terroristes ».

Un groupe différent de celui des otages au Niger

À Niamey, le porte-parole du gouvernement nigérien, Laouali Dan Dah, a déclaré dimanche soir que le groupe visé dans les combats de l’armée mauritanienne au Mali « n’est pas celui qui avait pris les otages. […] Mais il n’est pas exclu que ce soit un groupe en lien avec le groupe qui a pris les otages », a-t-il ajouté.

Plusieurs sources régionales affirment en effet que Yahya Abou Hamame, un lieutenant de l’islamiste algérien radical Abdelamid Abou Zeid, dirigeait, côté Aqmi, les combats contre l’armée mauritanienne. Abou Zeid est considéré comme responsable de l’assassinat en mai 2009 de l’otage britannique Edwin Dyer et de la mort de l’otage français Michel Germaneau en juillet 2010.
 

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