Politique

Zuma face aux jeunes loups de l’ANC

Certains, au sein de l’African National Congress (ANC), se verraient bien remplacer Jacob Zuma à la présidentielle de 2014. À tel point que le président sud-africain a dû remettre les pendules à l’heure, à l’occasion du congrès de l’ANC qui s’est ouvert le lundi 20 septembre.

Mis à jour le 20 septembre 2010 à 18:18

Actualisé le 20 septembre, à 7h15.

La réunion nationale de l’ANC, qui s’est ouverte aujourd’hui à Durban et doit durer jusqu’au 24 septembre, est censée servir à redéfinir la stratégie politique du parti et du gouvernement sur des sujets aussi importants que les projets de nationalisation des mines, du renforcement du contrôle des changes et de création d’un tribunal des médias.

Mais certains, comme Julius Malema, qui dirige la Ligue de la jeunesse de l’ANC, n’ont qu’une hâte : que leur poulain succède à Zuma lors de la présidentielle de 2014, de manière à s’engouffrer dans son sillage. Raison pour laquelle la Ligue de la jeunesse, par exemple, a commencé à faire campagne pour que son ancien président et désormais ministre adjoint de la police, Fikile Mbalula, prenne du galon au sein du parti. Objectif : la conférence élective de l’ANC en 2012, qui doit désigner le candidat à la présidence du parti pour 2014. Et Julius Malema de viser le chef de l’État par une campagne contre la polygamie. Zuma, 68 ans, a trois épouses et 21 enfants.

Un message pour Malema

La Ligue de la jeunesse n’est pas la seule à attaquer Zuma. Le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu), qui avait également soutenu l’ascension du leader sud-africain, reproche à ce dernier de ne pas avoir suffisamment infléchi à gauche la politique du gouvernement. On s’en souvient, des grèves de fonctionnaires ont récemment paralysé l’Afrique du Sud pendant plusieurs semaines et la situation reste tendue. Le Cosatu a également accusé Zuma d’avoir attribué des contrats publics à plusieurs proches, dont son fils Duduzane, et a estimé que l’Afrique du Sud était en train de devenir « un état prédateur ».

« Engager aussi tôt la mobilisation et la campagne de succession donne l’impression que l’ANC est rempli de gens qui ne pensent qu’à se battre pour les postes à responsabilité dans leur intérêt personnel », a riposté le chef de l’État devant près de 3 000 militants de l’ANC.

« Le temps est venu pour notre organisation de réagir. Nous devons prendre une décision contre ceux qui s’engagent dans de telles activités et affaiblissent l’organisation », a-t-il ajouté, soulignant que « des mesures doivent être prises contre eux ». Avant de conclure : « Les juniors doivent respecter leurs seniors. » Un message qui s’adresse, évidemment, au tumultueux Malema. À bon entendeur…