Politique

Aqmi, la guérilla et la guerre psychologique

Le président mauritanien est engagé dans une lutte sans relâche contre Aqmi. © AFP

Aqmi dénonce les pertes civiles engendrées selon lui par l'armée mauritanienne, présentée comme étant au service de la France dans le Sahel. Un procédé classique de guerre psychologique qui vise d'abord les populations locales.

Dans un communiqué publié par l’agence privée en ligne Nouakchott Informations, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dévoile le piège tendu à l’armée mauritanienne. Un classique : faire en sorte que l’adversaire tue un maximum de populations civiles en espérant fédérer ces dernières à son combat. Puis communiquer sur les erreurs de l’ennemi, qualifié d’agent de l’étranger. Le but évident de cette stratégie étant de faire oublier qu’Aqmi prend racine en Algérie avec son émir Abdelmalek Droukdel, et que sa spécialité – le terrorisme – est justement de tuer de nombreux civils.

Le document diffusé par Aqmi dénonce ainsi « le lâche crime perpétré par un raid aérien de représailles après le cuisant échec (infligé) par les moudjahidine à l’armée mauritanienne, agent de la France de (Nicolas) Sarkozy », le président français.

« Le sang des martyres ne restera pas impuni »

« Nos frères musulmans du nord du Mali ont été l’objet de cette agression lâche tuant deux femmes, Najiya et Salka, et blessant un homme, un proche de ces femmes », ajoute le texte. « L’armée mauritanienne, agissant à la solde des mécréants et des croisés qui tuent en Afghanistan et en Irak des innocents, a eu recours au mensonge et à la désinformation en disant que la femme tuée était l’épouse d’un moujahid », affirme Aqmi.

« Nous disons à l’agent de la France Mohamed Ould Abdelaziz [président mauritanien, NDLR] que le bombardement des innocents désarmés et la guerre que tu mènes par procuration à la place de la France est une folie et le sang des deux femmes martyres […] ne restera pas impuni », conclut le texte, dans une formulation qui laisserait supposer que lesdites femmes entretenaient des liens avec des membres d’Aqmi.

Nouakchott dément

Quoique grossière, la stratégie d’Aqmi n’en reste pas moins difficile à déjouer, pour une armée éloignée de ses bases opérationnelles et ayant peu de contacts avec les populations civiles, d’autant que l’armée malienne est peu présente sur le terrain. Vendredi et samedi dernier, de violents combats ont opposé l’armée mauritanienne à Aqmi dans la région de Tombouctou au Mali. Selon Nouakchott, le bilan serait de vingt morts, dont douze dans les rangs d’Aqmi.

Les pertes civiles auxquelles fait référence le texte des djihadistes seraient, elles, arrivée au cour des tirs d’un avion mauritanien, dimanche, contre une colonne de véhicule qui aurait transporté des « terroristes ». Mais plusieurs témoins au Mali ont affirmé que des civils avaient été tués (deux femmes) et blessés (quatre hommes) dans ce raid aérien. Des informations catégoriquement démenties par Nouakchott, une source militaire mauritanienne se contentant d’évoquer la mort d’une femme présentée comme « l’épouse d’un terroriste ».

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