Société

Faux Éperviers au Bahreïn : le feuilleton continue

Nouveau rebondissement dans l’affaire du match joué à Bahreïn, le 7 septembre dernier, par de faux Éperviers. Le président du comité intérimaire de la Fédération togolaise de football, Séyi Memene, a désigné un responsable – qui a reconnu les faits – avant même la fin de l’enquête.

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Mis à jour le 21 septembre 2010 à 13:55

Le milieu du football togolais est bien mal à l’aise. Suite à l’affaire des faux Éperviers du Bahreïn, lorsque l’équipe nationale de ce royaume arabe avait rencontré celle – bien fantaisiste – du Togo, la Fédération togolaise de football (FTF) a rendu public hier un communiqué pour le moins surprenant.

Celui-ci révèle que « l’organisation, la préparation et le suivi du match (Bahreïn-Togo) ont été planifiés par Tchanilé Bana, entraîneur de son état », et que « la Fifa avait d’ailleurs pris la décision d’annuler le match ».

Par conséquent, Tchanilé est « interdit de toute activité relative au football pour une période de trois (3) ans ». Le document ajoute que « les investigations sont toujours en cours pour situer toutes les responsabilités et sanctionner tous ceux qui seraient impliqués dans cette affaire qui ne fait que ternir davantage l’image du football togolais ».

Au cours d’une conférence de presse, le 21 septembre, Tchanilé a reconnu les faits.

 


Tchanilé Bana, l’entraîneur togolais suspecté d’être à l’origine de la supercherie.
© Jean-Claude Abalo, pour J.A.

Limiter les dégâts

Dans les milieux sportifs togolais, on se demande pourquoi les sanctions commencent à tomber avant même que les enquêtes soient allées à leur terme. Bref, l’empressement du président du Comité intérimaire de la FTF, le général Seyi Memene, pose question. A-t-on voulu précipiter la fin de l’enquête pour limiter les éclaboussures ?

Une source proche du comité intérimaire, qui a requis l’anonymat, fait état d’une possible implication d’un certain Mamadou Doukouré, le beau-frère du général Memene. Cette source confirme également que les joueurs présents au Bahreïn sont bels et bien des Togolais.

À ce nouveau rebondissement de l’affaire s’ajoute la défection de Me Martial Akakpo du Comité intérimaire, laquelle jette une lumière crue sur la désorganisation de la Fédération. L’avocat explique sa démission dans un courrier adressé à la Fifa, dont jeuneafrique.com a reçu copie.

Procédure pénale

« Il m’a particulièrement été donné de constater que des réseaux dangereux, mis en place par certains membres et employés du comité, se livrent une lutte acharnée en faveur de leurs intérêts particuliers au lieu de servir l’intérêt général », écrit-il. Avant d’ajouter : « Quand les membres d’une équipe en arrivent à s’affronter par employés et par medias interposés, je pense que le comble a été atteint. Rester n’a plus aucun sens. »

Du coté du ministre des Sports, Christophe Tchao, on envisage plutôt une procédure pénale. Il a affirmé le week-end dernier attendre qu’on lui transmette une convention portant sur un tournoi au Caire en août, auquel Tchanilé avait déjà fait jouer une équipe de son centre de formation en la faisant passer pour l’équipe nationale.

Il avait écopé d’une suspension de deux ans pour cette fraude. Le ministre veut désormais comparer la feuille de match du Caire à celle du Bahreïn. Objectif : contôler les signatures qu’elles portent de manière à situer les responsabilités. La réponse au prochain épisode…

Lire aussi « Le scandale des vrais-faux joueurs » dans le n° 2593 de Jeune Afrique, en kiosques du 19 au 25 septembre 2010.