Société

Respecter le ramadan ou subir un procès : le dilemme des chrétiens

Mis à jour le 22 septembre 2010 à 12:42

Deux ouvriers chrétiens algériens sont jugés à Aïn el Hammam, dans l’Est de l’Algérie, pour n’avoir pas respecté le jeûne du ramadan. Le procureur a requis trois ans de prison.

« Je n’ai pas de regret, je suis chrétien et je l’assume ». C’est ce qu’a affirmé Hocine Hocini, à la sortie du tribunal d’Aïn el Hammam, mardi. Il a beau se dire « optimiste », il risque trois ans de prison, d’après les réquisitions du procureur prononcées mardi.

Sa faute ? Avoir rompu le jeûne avec un collègue, pendant le ramadan, le 13 août dernier. D’après sa version des faits, ce père de famille et son collègue, Salem Fellak, on fait une pause casse-croûte « dans un lieu discret » sur le chantier où ils travaillaient quand ils ont été interpellés par la police.
Inculpés d’atteinte à un précepte de l’islam, ils ont été immédiatement déférés devant la justice de Aïn el Hammam, mais laissés en liberté.

Symbole pour la défense des libertés

Mais leur cas est devenu un symbole pour les défenseurs des libertés et pour la petite minorité chrétienne (11 000 personnes d’après le ministère des Affaires religieuses, mais plus 30 000 d’après le président de l’église protestante d’Algérie). Mardi, des centaines de personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal de la petite ville de montagne en Kabylie pour soutenir l’accusé, d’après le correspondant de l’AFP.

« Je suis heureux que cette enquête ait occasionné ces déplacements et que tant d’avocats aient assumé notre défense », a déclaré Hocine Hocini. Le président de l’église protestante d’Algérie, pasteur Mustapha Krim, était également venu soutenir les deux hommes contre des accusations, selon lui « dérisoires », et pour témoigner de son « inquiétude » pour les chrétiens d’Algérie.

Les avocats des prévenus ont plaidé la relaxe, affirmant qu’aucune loi spécifique n’interdisait de rompre le jeûne. L’un d’eux, Me Mokrane Ait Larbi, a affirmé que ces accusations représentaient une violation de la Constitution du fait des « conventions internationales de liberté de culte » ratifiées par l’Algérie.
Le jugement doit être rendu le 5 octobre. (Avec AFP)