Société

Les rebelles du Mend affirment avoir localisé les trois otages français

Les trois marins français capturés au large des côtes du Nigeria dans la nuit de mardi à mercredi auraient été « localisés » par le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend). Le groupe rebelle tente de se faire remettre les otages.

Mis à jour le 23 septembre 2010 à 10:13

Le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend) joue-t-il les médiateurs ? Quelques heures après l’annonce de la capture de trois marins français du navire Bourbon Alexandre lors d’une attaque au large des côtes nigérianes, ce mouvement rebelle du Sud nigérian a affirmé avoir localisé les otages.

Le Mend a indiqué « être en pourparlers avec les ravisseurs » pour se les faire remettre dans un communiqué. « Lorsque cela aura été fait, nous serons davantage en mesure de donner une information supplémentaire sur leur état de santé et sur la durée de leur séjour parmi nous », poursuit le texte. Il affirme avoir également localisé un autre otage enlevé la même nuit dans une opération séparée. Selon la marine nigériane, un Thaïlandais avait été également été enlevé.

L’organisation, qui réclame une meilleure répartition des revenus de l’exploitation des hydrocarbures dans le delta du Niger, est connu pour ses attaques des installations pétrolières et ses prises d’otages de ressortissants étrangers. De quoi susciter la méfiance quant à ses intentions si elle parvenait à mettre la main sur les otages.

"Deux heures et demie" de combat

D’après les déclarations de la marine nigériane les ravisseurs seraient bien organisés et lourdement armés. « Il y a eu un important échange de coups de feu entre eux et nos hommes pendant près de deux heures et demie », a affirmé le porte-parole de la marine nigériane. « Je pense qu’il s’agit juste de criminels qui agissent pour l’argent » a-t-il estimé, appuyant les déclarations du ministre français de la Défense, Hervé Morin, selon qui il s’agit vraisemblablement « d’un acte de piraterie classique ».

D’après la société de services maritimes Bourbon, propriétaire du navire attaqué, la capture s’est faite au cours « d’un assaut conjugué de plusieurs canots rapides ».

Le groupe Bourbon a déjà été confronté à des enlèvements de collaborateurs au Nigeria à trois reprises depuis août 2008. Le phénomène est courant dans la région et les otages sont généralement rapidement relâchés.