Politique

Bernard Kouchner : de l’ »humiliation » à la « loyauté »

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A l’Elysée, Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy côte à côte le 4 juillet 2009.

A l'Elysée, Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy côte à côte le 4 juillet 2009. © Reuters / Charles Platiau

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a réaffirmé son engagement auprès du président Nicolas Sarkozy après des révélations concernant son désir, fin août, de quitter le gouvernement.

On savait Bernard Kouchner capable de grand écart, mais sa propension à avaler les couleuvres surprend toujours. Selon les informations de l’hebdomadaire français le Nouvel Observateur dans son édition du 7 octobre, le ministre français des Affaires étrangères a envoyé fin août à Nicolas Sarkozy une lettre dans laquelle il se plaint des « humiliations » qu’il doit subir de la part de conseillers du chef de l’État. Dans la ligne de mire du « french doctor » : le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, qui s’est récemment rendu en Côte d’Ivoire, et le conseiller diplomatique du président, Jean-David Levitte.

Bernard Kouchner ferait également état dans son courrier de son envie de quitter le gouvernement. Toujours selon l’hebdomadaire, le ministre parle « d’inflexion sécuritaire » et prend acte de « la fin de l’ouverture » à gauche opérée par le président depuis son arrivée au pouvoir. On se souvient que le 30 août, l’intéressé déclarait avoir pour la première fois « profondément » songé à démissionner en raison du durcissement de la politique du gouvernement à l’égard de la communauté Rom, et qu’il en avait parlé avec le chef de l’État.

Proximité persistante

Que se sont dit les deux hommes ? Mystère. Mais Nicolas Sarkozy a apparemment persuadé Kouchner de rester dans son équipe. Peut-être pas au sein du gouvernement, qui doit être remanié en novembre. Le ministre pourrait être nommé « Défenseur des droits », un poste à créer qui devrait remplacer celui de Médiateur de la République et en chapeauter trois autres : ceux de Défenseur des enfants (créé en 2000), de président de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS, 2000) et de président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité).

Preuve de cette proximité persistante avec le chef de l’État, le ministre a répondu le mercredi 6 octobre aux informations du Nouvel Observateur – qu’il ne dément pas – en réaffirmant sa loyauté et sa fidélité envers le président Nicolas Sarkozy.

« Ayant pris connaissance d’informations de presse concernant mes relations avec l’Élysée, je souhaite réaffirmer que mes rapports avec le chef de l’État ont toujours été empreints de loyauté et de sincérité », écrit-il. « J’ai accepté, en 2007, la proposition de Nicolas Sarkozy de servir une nouvelle fois notre pays sur la base d’un projet ambitieux, d’orientations claires et de rapports de confiance avec le président de la République », souligne-t-il. « Cet engagement et cette fidélité demeurent entiers. » Pour combien de temps ?

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