Société

Fennecs : qui pour remplacer Benchikha ?

Mis à jour le 15 octobre 2010 à 10:19

La défaite des Fennecs en Centrafrique (0-2) le 10 octobre en éliminatoires de la CAN 2012 semble avoir affaibli Abdelhak Benchikha, sélectionneur depuis un mois. Des noms circulent, mais la fédération algérienne (FAF) dément catégoriquement ces rumeurs.

Le football algérien est-il sur la voie de la renaissance ? Las, alors qu’on pensait que la qualification pour la Coupe du monde 2010 et l’émergence d’une génération conduite par Bougherra, Ziani ou Belhadj augurait de jours meilleurs, les vieux démons sont déjà de retour.

À peine quatre mois après une Coupe du monde qui s’est achevée, certes, au premier tour, mais avec un point de gagné, l’Algérie s’est tirée une balle dans le pied en s’inclinant face à la Centrafrique, le 10 octobre à Bangui (0-2). À la suite de cette contre-perfomance, le nouveau sélectionneur Abdelhak Benchikha, fragilisé, aurait pensé à démissionner avant d’en être dissuadé par le président de la FAF, Mohamed Raouraoua.

Début septembre déjà, des noms de techniciens étrangers (Matthaüs, Milutinovic, Renard, Courbis…) avaient circulé avant que Raouraoua ne décide de promouvoir Benchikha, alors entraîneur de la sélection des locaux. Mais depuis le désastre de Bangui et la rumeur d’un lâchage de Benchikha par certains de ses joueurs qui n’auraient rien fait pour empêcher la défaite, les rumeurs sur le remplacement du « Général » vont bon train.

Démarches non officielles

Des noms se remettent à circuler. Ainsi Hervé Renard (42 ans) qui n’est plus sélectionneur de l’Angola depuis peu a bien été contacté. « Mais c’était par des journalistes algériens ! J’ai répondu qu’entraîner l’Algérie serait un honneur pour moi, mais qu’il y avait un sélectionneur en place et que je n’avais pas eu la moindre conversation avec un membre de la fédération », a-t-il expliqué.

Rolland Courbis (57 ans), qui lui aussi a reçu plusieurs appels en provenance des rédactions algéroises ne dit pas autre chose. « On m’avait déjà approché après la démission de Saâdane. Et depuis dimanche dernier, j’ai eu des appels de journalistes, mais aussi d’un soi disant intermédiaire de la fédération algérienne, qui n’a pas voulu donner son nom », a précisé l’ancien entraîneur de l’OM, aujourd’hui consultant à RMC et libre de tout engagement sportif.

« Si Éric Gerets prend la sélection du Maroc, je peux prendre l’Algérie. Tous les deux, on a terminé deuxième du championnat de France avec Marseille », sourit Courbis. «Plus sérieusement, je ne peux que confirmer qu’entraîner cette sélection me plairait. Mais il y a un sélectionneur, et la fédération algérienne n’a pas annoncé son intention de s’en séparer. »

À Alger, rien ne bouge

La troisième piste évoquée par la presse algérienne mène en Croatie, et plus précisément à Vahid Halilhodzic (58 ans), qui est aux manettes du Dynamo Zagreb depuis deux mois. Contacté par jeuneafrique.com alors qu’il se trouvait dans la capitale croate, celui qui fût à deux doigts de devenir le sélectionneur de la Tunisie s’est montré très clair. « J’ai eu le président Raouraoua plusieurs fois au téléphone, mais c’était après le départ de Saâdane », a affirmé le Franco-Bosniaque. « Je suis sous contrat avec Zagreb, nous sommes qualifiés en Ligue Europa, l’équipe occupe la première place du championnat, et on vise la Ligue des Champions. Donc, si l’Algérie me sollicitait, je crois que ce serait impossible de répondre favorablement. Cela m’intéresserait, bien sûr, d’en être le sélectionneur. Mais les conditions ne sont pas réunies. »

D’autant que, officiellement, rien ne devrait évoluer du côté d’Alger. « Il n’y a pas de volonté de changer » de sélectionneur, a expliqué à jeuneafrique.com un membre de la fédération, laissant entendre que Benchikha serait sur le banc algérien le 17 novembre à l’occasion du match amical au Luxembourg. Un avis partagé par Alain Michel, l’entraîneur du MC Alger et dont le nom avait également circulé. « À la limite, on pourrait imaginer l’arrivée d’un étranger pour apporter ses compétences. Et financièrement, je ne pense pas que la FAF ait les moyens de payer très cher un sélectionneur de renommée internationale. » Mais l’État algérien, très impliqué dans les choses du football, notamment pour le passage au professionnalisme, pourrait avoir une influence déterminante dans la suite de cette affaire…