Politique

Présidentielle : Jacqueline Lohoues Oble, candidate au nom des femmes

Jacqueline Oble est la première femme candidate à une présidentielle ivoirienne. © D.R.

Une ancienne ministre de la Justice pour sortir la Côte d'Ivoire de la crise ? La première femme candidate à l'élection présidentielle de l'histoire de la Côte d'Ivoire, Jacqueline Lohoues Oble, croit pouvoir créer la surprise le 31 octobre.

« Les hommes ont produit en cinquante ans une société qui comporte 50 % de pauvres », assure son porte-parole. Première femme candidate à la magistrature suprême de toute l’histoire de la Côte d’Ivoire, Jacqueline Lohoues-Oble, 60 ans, promet bien-sûr à ses compatriotes de changer la donne. Ancienne garde des Sceaux, dotée d’un tempérament bien trempé que vient encore souligner une voix grave, elle se présente sous la bannière indépendante avec des moyens financiers limités à la plus simple expression. « Mes petites économies », plaisante cette mère de quatre filles, elle même issue d’une famille de onze enfants.

Contrairement aux favoris de la présidentielle qui arpentent le pays dans de grosses berlines ou des 4×4 rutilants, elle voyage dans un mini bus de campagne avec ses plus fidèles partisans. Quand les ténors de la politique choisissent d’organiser de grands meetings, elle privilégie le porte à porte, les réunions de quartiers et le contact direct avec le peuple. Une proximité qui séduit de plus en plus les Ivoiriens, surtout les femmes. « Elle est simple, directe et ne vient pas au pouvoir pour s’enrichir », confie Edvige, une abidjanaise qui s’est laissée convaincre.

Repérée par Omar Bongo Ondimba

L’aventure politique de Jacqueline Oble a débuté en 1984. « C’est Omar Bongo qui m’a repérée lors d’une conférence sur l’évolution du droit de la famille en Afrique. Il a parlé de moi au président Félix Houphouët Boigny qui m’a fait recevoir par ses proches avant de me prendre à ses côtés ». En 1990, ce professeur agrégé de droit, enseignante à l’université de d’Abidjan Cocody, devient ministre de la Justice dans le gouvernement d’Alassane Ouattara. À la mort du « Vieux » en 1993, elle fait partie de l’équipe fondatrice du Rassemblement des républicains (RDR) avec son frère Vincent Lohoues Essoh, propriétaire de plantations d’hévéas, lequel deviendra ministre de la Construction et de l’Urbanisme sous la transition du général Gueï.

En 1995, Jacqueline Oble est élue députée d’Abobo. Mais elle démissionne en 1999. « Je me suis opposée à la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2000. Même si le texte juridique invalidant sa candidature était injuste, il n’était pas opposable en matière de droit, justifie-t-elle. Je préconisais donc une autre candidature au sein du parti mais j’ai été mise en minorité. Mon avenir était scellé. » Jacqueline a donc repris ses cours à l’université puis exercé comme conseillère juridique de Charles Konan Banny, Premier ministre de 2006 à 2007.

Un an plus tard, elle décide de se lancer dans l’aventure électorale après avoir discuté avec son entourage. Pas superstitieuse, elle propose un programme d’action en treize points accordant une large place à la femme, à la jeunesse, à l’emploi, à la modernisation de la justice et à la relance des secteurs de la santé et de l’éducation. Elle se voit bien créer la surprise. Elle est également prête à se rallier à un autre candidat en cas d’échec, à condition d’en trouver un qui poursuivre son combat. « On verra bien. Il faudra discuter si l’on veut mon soutien », prévient-elle…

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