Sport

Constant Omari : « En RDC, le football est une sorte d’exutoire »

Le président de la Fédération congolaise de football association, Constant Omari Selemani.

Le président de la Fédération congolaise de football association, Constant Omari Selemani. © fifa.com

Le puissant président de la Fédération congolaise de football (Fecofa), scrute l’avenir avec optimisme. Constant Omari n’élude aucun sujet : sa relation avec son nouveau sélectionneur, Robert Nouzaret, le rôle des joueurs expatriés chez les Léopards, la candidature de la République démocratique du Congo (RDC) à l’organisation de la CAN 2015 et la refonte du championnat national.

JEUNE AFRIQUE : Comment un duo entre deux personnalités comme Robert Nouzaret, le sélectionneur, et vous parvient-il à fonctionner ?

CONSTANT OMARI : J’ai de très bonnes relations avec Robert. Nous l’avons choisi parmi de nombreux candidats parce qu’il connaît bien l’Afrique (Nouzaret a entraîné la Guinée, la Côte d’Ivoire et le MC Alger) et que c’est un technicien reconnu. Je lui ai demandé de passer beaucoup de temps en République démocratique du Congo (RDC), afin de travailler avec les locaux et de participer activement à la détection des talents.

Nouzaret n’a pas sa langue dans sa poche. À la mi-temps du match face au Sénégal (2-4), il avait viré du vestiaire tout un aréopage. Il a dit et répété qu’il n’avait de comptes à rendre qu’à vous…

Cette histoire de Lubumbashi, je vais vous la raconter. À la mi-temps, nous étions menés 3-0, et cela a traumatisé beaucoup de gens. Je suis descendu dans le vestiaire, accompagné d’autres responsables du football congolais, parce que nous voulions comprendre. Il s’agissait de circonstances exceptionnelles. Je suis d’accord avec Robert quand il explique vouloir travailler dans la sérénité, et je le soutiendrai. Mais je lui ai expliqué le contexte local. En RDC, le foot est une sorte d’exutoire, et le peuple peut avoir des réactions qui peuvent surprendre. D’ailleurs, après la défaite contre le Sénégal, les gens demandaient ma démission, pas celle du coach (rires).

Vous avez demandé à Nouzaret de tenir compte des locaux, mais l’apport des expatriés semble incontournable pour redresser le football congolais…

Exact ! Nous avons besoin de ceux qui jouent en Europe, parce que le niveau des championnats y est plus élevé que chez nous. Mais je pense qu’il ne faut sélectionner que des joueurs qui bénéficient d’au moins 70 % de temps de jeu dans leurs clubs respectifs. Il faut aussi que ces joueurs soient motivés, quand ils viennent en sélection. Il y a eu trop de défections ces temps-ci. Je le répète, nous devons développer notre football, c’est une priorité.

Le règlement du championnat national est un des plus compliqués du monde. Une réforme rapide  est-elle nécessaire et envisageable ?

Si le championnat est organisé ainsi, c’est en raison des dimensions du pays, et des difficultés à relier certaines villes par les airs. Sans parler des coûts qui sont prohibitifs. Nous avons bouclé une étude pour aboutir à terme à la création d’un championnat de division 1 à 18 clubs et d’une division 2 à 16 clubs. Nous souhaitons faire évoluer notre championnat vers le professionnalisme. Pour cela, nous comptons non seulement sur une aide gouvernementale, sur des accords avec les compagnies aériennes, mais aussi et surtout sur l’arrivée d’au moins un gros sponsor. En RDC, les droits télé ne représentent quasiment rien…

La RDC est candidate à l’organisation de la CAN 2015. Mais ses concurrents, le Maroc et l’Afrique du Sud, ont de réels arguments…

Le Maroc dispose de stades déjà fonctionnels, de bonnes infrastructures hôtelières et d’un bon réseau aérien, tandis que l’Afrique du Sud vient d’organiser avec succès la Coupe du monde. Mais nous avons un dossier solide, avec deux stades à Kinshasa – rénovation du stade des Martyrs et construction d’une enceinte sur l’emplacement de l’ancien stade Tata Raphaël -, et d’autres à construire à Lubumbashi, Kisangani et Mbuji Mayi. Et puis, la CAF (Confédération africaine de football) a déjà confié à des pays comme le Mali ou le Burkina Faso l’organisation de la CAN, afin de leur permettre de développer leurs infrastructures. Et si notre candidature n’est pas retenue pour 2015, nous nous représenterons pour 2017.

 

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