Politique

Présidentielle : un scrutin sous haute sécurité

Le schéma de sécurisation du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne est particulièrement compliqué. Mais les principaux responsables du maintien de l’ordre pendant le scrutin travaillent en bonne entente. Cela sera-t-il suffisant pour éviter les dérapages ?

Mis à jour le 30 octobre 2010 à 14:20

Défilé de l’armée ivoirienne devant la présidence, en 2008. © D.R.

À moins de vingt quatre heures de la tenue du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre, les questions sur la sécurisation du scrutin, qui se posaient depuis plusieurs semaines, semblent avoir trouvé des réponses. L’armée ivoirienne, les Forces nouvelles (ex-rébellion), les Casques bleus et la Force Licorne, l’armée française en Côte d’ivoire, travaillent en synergie pour finaliser les derniers détails.

Dans le sud du pays sous contrôle du gouvernement, on a fait appel à environ 10 000 membres des forces de l’ordre pour quadriller cette partie du territoire le jour du vote. « Ils n’auront pas le droit de s’approcher des bureaux de vote en armes, ils patrouilleront aux alentours », révèle un officier de l’armée ivoirienne.

Fermeture des frontières

Par ailleurs, les autorités militaires ont décidé de fermer toutes les frontières le 31 octobre à minuit. Le système mis en place pour un déroulement apaisé du scrutin est inédit. « La configuration de la sécurisation des élections est très complexe, mais chacune des forces impliquées tentera de jouer son rôle », estime Choi Young-jin, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Côte d’Ivoire.

À Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire qui représente 33 % de l’électorat, la sécurité a été renforcée. Le Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS) est monté en puissance. Cette force spéciale, composée de policiers, de gendarmes et de militaires a multiplié les exercices de maintien de l’ordre au cours des dernières semaines. Elle a bénéficié de l’expertise de Frédéric Lafont, un ancien sous officier de l’armée française qui s’est reconverti dans la sécurité privée.

« Notre objectif est de garantir un environnement paisible et sain autour du scrutin, explique le général de division de gendarmerie Guiai Bi Poin, commandant du CECOS. Nous serons dissuasifs : nous allons accélérer la cadence des patrouilles le 31 ». Du côté du Centre de commandement intégré (CCI), la force mixte composée d’éléments de l’ex-rébellion et des forces gouvernementales achève son déploiement dans le nord du pays le 30 octobre.

Une mission délicate

À Bouaké, la deuxième grande ville du pays, fief des Forces nouvelles, 800 hommes seront en charge de la sécurisation du scrutin. Malgré l’appui logistique apporté par la France et l’Union européenne, des contraintes budgétaires n’ont pas permis au CCI de disposer de son effectif initial de 8 000 hommes. Seulement 4 000 hommes ont pu être mobilisés.

La très délicate mission de la sécurisation de l’acheminement des procès-verbaux vers les 415 centres de collecte sous-préfectoraux de la Commission électorale indépendante (CEI) a été confiée au CCI. Le 29 octobre, une réunion de haut niveau a eu lieu à Abidjan entre le général Abdul Hafiz, commandant de la Force de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), son collègue français Jean-Pierre Palasset, commandant de la Force Licorne et les généraux ivoirien Philippe Mangou et Soumaila Bakayoko, respectivement chef d’état major des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (FDSCI) et chef d’état major des Force armées des forces nouvelles (FAFN), pour finaliser les derniers détails.