Politique

Présidentielle : l’attente fébrile des résultats a commencé

Le premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne s’est déroulé dans le calme mais l’attente des résultats comporte des risques auxquels la CEI veut parer en annonçant au plus vite les premières estimations.

Mis à jour le 1 novembre 2010 à 10:43

Début du comptage des bulletin de vote, le 31 octore 2010 à Bouaké. © AFP

A part quelques incidents isolés, le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé dans le calme. Le déroulement du scrutin a été salué par les trois principaux candidats. « Je suis heureux aujourd’hui que ce vote se passe bien », a déclaré le chef de l’État Laurent Gbagbo, du Front populaire ivoirien (FPI). « Que chacun parle à son état-major pour dire que cette élection est réglementée. La seule institution habilitée à donner un résultat provisoire, c’est la Commission électorale indépendante (CEI) », a lancé Gbagbo au quartier résidentiel de la Riviéra-Cocody, à Abidjan, après avoir voté en compagnie de son épouse Simone.

Henri Konan Bédié, du Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI) a quant à lui exprimé son « soulagement après les longues attentes que nous avons subies depuis 2005 », tandis que Alassane Dramane Ouattara, du Rassemblement des républicains (RDR) s’est exprimé sur la nécessité d’« attendre ces résultats dans la paix » et de « respecter la décision des Ivoiriens. » La paix est « ce dont notre pays a le plus besoin, aussi bien le jour des élections que pour les jours après les élections », a-t-il conclu.

La CEI pressée d’annoncer les résultats

Selon la Constitution, la CEI a jusqu’à mercredi pour proclamer les résultats provisoires du scrutin. Mais selon l’un de ses vice-présidents, Amadou Soumahoro, elle souhaiterait les donner « dans la journée de lundi ». Les raisons de cette volonté d’aller vite sont simples : plus le temps passe, plus la tension monte. Car malgré le climat apaisé dans lequel le vote s’est déroulé dimanche, de nombreux Ivoiriens considèrent que le plus dur reste à venir.

Laurent Gbagbo lui-même a dit redouter des « violences » de la part de « ceux qui perdront » et les frontières terrestres sont fermées jusqu’à mardi pour empêcher les « éventuels fauteurs de troubles » de « fuir le pays après y avoir mis le feu ». La sécurisation du scrutin a profité de la coopération de toutes les autorités influentes sur le terrain. Les brigades mixtes loyalistes/FN chargées de sécuriser le scrutin n’ont déployé qu’environ 6 600 éléments sur les 8 000 prévus. Elles ont été épaulées par les ex-rebelles au nord, notamment les bérets verts du commandant Chérif Ousmane, ainsi que par la police et la gendarmerie au sud. L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci, plus de 8 500 hommes) et la Force française Licorne (900 hommes) étaient également en appui. Tous restent sur le qui vive, prêts à parer au pire, dans l’attente des résultats.