Politique

Présidentielle : de l’art de meubler l’attente des résultats provisoires

Difficile de commenter le résultat de l’élection présidentielle ivoirienne avant même qu’il ne soit connu. Tout au moins sans colporter les rumeurs véhiculées par les partis politiques qui se voient tous en pole position pour un éventuel second tour. Petite revue de la presse ivoirienne.

Par
Mis à jour le 2 novembre 2010 à 16:19

Un homme regarde les « Une » de journaux, le 1er novembre 2010 à Abidjan. © AFP

Face à l’interdiction de publier des tendances de l’élection présidentielle avant la Commission électorale indépendante (CEI), les quotidiens ivoiriens s’évertuent à « meubler » l’actualité. Fraternité-Matin relaie par exemple les « conseils » de la communauté internationale. « Ban Ki-Moon et Sarkozy aux candidats : Respectez les résultats du scrutin », titre le quotidien contrôlé par le gouvernement.

Les journaux proches des partis politiques sont plus en verve. Notre Voie, porte-voix du Front populaire ivoirien (FPI), parti fondé par le président-candidat Laurent Gbagbo, affirme que « la CEI [Commission électorale indépendante, ndlr] fait souffrir les Ivoiriens ». Et met en cause le comptage manuel – une « méthode archaïque » – qui double le comptage informatique.

La Sofres s’est-elle discréditée ?

Le Nouveau Réveil (pro-Henri Konan Bédié) développe les « raisons [de] croire jusqu’au bout » à la présence du candidat du Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI) à un éventuel second tour. Le Patriote (pro-Alassane Dramane Ouattara du Rassemblement des républicains, RDR) n’aura pas attendu la proclamation des résultats provisoires par la CEI pour s’en prendre à la Sofres, institut de sondage français recruté par Laurent Gbagbo et qui se serait « discrédité ». Mais de son côté, L’Intelligent d’Abidjan (indépendant), juge qu’« il n’y a aucune raison de discréditer Sofres ».

« Peur sur la ville », titre de son côté Notre Heure (opposition), dans un registre plus dramatique. Le journal  évoque les « rues désertes » et des « populations claquemurées » chez elles à Abidjan.

Enfin, se voulant le plus neutre possible, le quotidien Nord-Sud proche du Premier ministre Guillaume Soro, chef de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), explique en Une que la CEI « traîne encore le pas, loin derrière les rumeurs ». « La CEI balbutie, la fièvre monte », renchérit Soir-Info (indépendant). Bref, heureusement que le délai légal de publication des résultats provisoires n’est que de trois jours…